FBCFABRIC & REINDEER - It's Not Who You Know, It's Whom You Know

Le packaging de cet album du beatmaker fbcfabric (ou FBC Fabric) et du rappeur Reindeer justifie à lui seul qu'un article lui soit consacré. Jugez plutôt : en lieu et place du boîtier en plastique habituel ou du digipack en carton, le CD est protégé par une sorte de poche en tissu, toute noire avec des coutures rouges. Seule une petite étiquette blanche permet d'identifier les auteurs de l'album. Quant au titre et au tracklisting, ils figurent à l'intérieur, sur une autre étiquette, celle habituellement réservée aux mentions façon "100 % polyester". Ils sont accompagnés des symboles "ne pas repasser" et "ne pas laver en machine", et d'une mention aussi juste qu'amusante : "In a world of labels music is all that really matters". Dans un monde de labels, seul importe la musique (label = maison de disque, mais aussi étiquette, en anglais).

FBCFABRIC & REINDEER - It's Not Who You Know, It's Whom You Know

L'objet en lui-même vaut le détour. Mais la musique qui l'accompagne, elle aussi, se montre remarquable. Elle prend la forme d'un hip-hop mutant, de compositions électroniques lentes et de guitares façon post-rock, surmontées parfois par les harangues du rappeur, dans un style très proche de celui de cLOUDDEAD ou, plus confidentiel, d'expérimentateurs rap comme le Californien Octavius. Un Octavius qui rapperait d'une voix nasillarde, détachée et avec un accent anglais. Un Octavius plus accessible aussi. Car les deux Britanniques que sont fbcfabric et Reindeer partagent avec beaucoup de leurs compatriotes cette capacité déconcertante à rendre facile une musique difficile. Ils rendent séduisant ce It's Not Who You Know, It's Whom You Know au rythme pourtant très lent, à l'atmosphère particulièrement contemplative.

Cela commence très fort avec "Soulsuck", le premier titre où Reindeer s'exprime, servi par une petite mélodie électronique imperturbable et ralentie à l'excès. Dans le même genre, mais avec une guitare plutôt qu'une machine, "Passenger" est également très réussi. Ca pédale ensuite dans la semoule, parfois ("Rub the Calm One"), ça tourne aussi à la musique d'ascenseur. Mais soudain, sur "Mask of Sanity", la voix de Reindeer et une guitare dégainée par fbcfabric nous réveillent. Après cela, tout redevient très beau sur "All I See" et sur un "The Only Dance I Can Do" qui évoque fortement le "Je t'aime moi non plus" de Gainsbourg, en plus alangui encore.

L'envolée de synthétiseur de "Shake the Hand of the Unsuspecting Victim" marque les esprits, elle aussi, malgré le caractère pompeux de ses nappes et le ton cérémonieux du rappeur. Mais le gros morceau de l'album, sans conteste, c'est "Please Call Stella", une plage qui commence dans l'ambiance d'un titre à la Mark Hollis, le chanteur de Talk Talk, et qui finit après un crescendo de guitare d'une dizaine de minutes dans une gerbe de violons secs. Plus qu'un hommage angoissé à John Peel après ce titre décisif, et l'album se termine. Il est alors temps de remettre le CD dans son package astucieux... et de l'en resortir presque aussitôt, tant il est bon.

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