Une fois passée une première partie lo-fi fantaisiste dans un esprit punk potache sympathique, Tekila, Tido et Cuizinier entrent en scène comme ils l'avaient fait à Rennes. Lumières éteintes, lampes torches à la main, les trois MC's commencent leur set de façon abrupte avec "Subway", le titre de hip hop industriel qui figure en face B de leur dernier maxi. Sombre, glacial et joint à une première ambiance austère, le morceau permet à TTC d'entamer leur set à la perfection, démontrant d'emblée aux néophytes présents dans la salle qu'ils ne sont pas leur groupe de rap ordinaire…

Les titres ensuite, déjà sortis ou inédits, s'enchaînent. Immédiatement après, le trio enchaîne sur le redoutable "Toi", puis sur d'autres titres qui feront à leur tour l'objet d'une mise en scène déjà expérimentée à Rennes. Alors que "Champagne et Bulles" est l'occasion idéale pour ressortir Rebecca la poupée gonflable (qui n'a pas de culotte), le cartoonesque single "Léguman" permet à Cuizinier de se livrer à un sympathique numéro d'acteur, une élégante citrouille vissée sur sa tête. Puis vient le tour de "Game Over 1999", le single pré-apocalyptique qui les a fait connaître, augmenté des "Game Over 2000" et "2001". Dans la salle, les fans reprennent les paroles des différents singles devant les habitués du Batofar, un peu surpris mais visiblement contents d'être là.

Sur scène, et en véritable Maître des Cérémonies, au sens premier du terme, TekiLatex se montre enjoué, vraisemblablement décidé à faire taire ceux qui prétendent que TTC n'est pas un véritable groupe de scène. Il est admirablement épaulé par un Tido Berman visiblement inspiré, tandis que Cuizinier, à l'inverse, d'une voix moins affirmée mais gentiment ironique; se complaît dans un style laid back qui complète le tableau. Peu de ratés, de remarquables passages de témoin d'un MC à l'autre démontrent également que le show est cette fois bien rodé. Derrière, Orgasmic du Club des Loosers et DJ Fab livrent au trio le deejaying de circonstance.

Le show s'achève par un exercice rituel d'open mic. De nombreux MC's confirmés ou apprentis se pressent alors sur scène, pour épauler les trois TTC. Une fois que le gentil organisateur en cravate de la soirée a confirmé qu'il "ne savait pas ra-ra-rapper", c'est ni plus ni moins que Sept, Dabaaz de Triptik et surtout Cyanure d'ATK qui viennent confirmer leurs talents de freestylers. A noter aussi l'intervention de Fuzati du Klub des Loosers, toujours aussi convaincant dans son exercice d'anti ego trip, et dont l'allusion aux petits enfants cancéreux ont fait grincer quelques dents dans la salle. Et également son compagnon Frenchie, le rappeur manchot, venu appuyer ses propos en exhibant son moignon.

Le show prend donc fin avec ces gens et quelques intervenants inconnus qui feraient bien de le rester. Par la suite, DJ Fab et Orgasmic ont eu droit à un set chacun, qui a permis au premier de balancer quelques classiques et quelques tueries de rap indépendant et au second de marier hip hop décalé (Them, Deep Puddle, Awol One, etc…) et drum'n'bass. Une chaude ambiance à en croire les chanceux qui sont resté jusqu'ici. Au final, donc, TekiLatex a rempli sa promesse et livré selon ceux qui les suivent depuis le début le meilleur concert de TTC. Un avis partagé par les instigateurs pas trop hip hop de cette soirée Etonnant et Dansable, pour qui c'était la meilleure organisée à ce jour. Et une bonne revanche par rapport à la soirée ratée la veille avec Mr. Len.