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22 PISTEPIRKKO - Rumble City, Lala Land

, 12:05 - Lien permanent

Rumble City, Lala Land est l’un des albums qui ont fait connaître 22 Pistepirkko au-delà de leurs bases finlandaises, l’étape importante d’une campagne internationale commencée en 1987, quand les frères Keränen et le batteur Espe Haverinen, déjà très reconnus dans leur pays, s’étaient décidés à abandonner leur langue natale au profit de l’anglais. Cela n’avait pas été un triomphe, mais l’album avait marché, et reçu un bon accueil critique. En France, le single "(Just A) Little Bit More" s’était même un temps retrouvé en heavy rotation sur la radio parisienne Ouï FM, d'ordinaire plutôt réservée aux grosses cylindrées rock.

22 PISTEPIRKKO - Rumble City, Lala Land

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L’album pourtant, n’était pas dans la tonalité bruyante et très lourde de cette époque d'après le grunge. 22 Pistepirkko portait les marques des années de sa naissance, les 80’s, avec la voix nasillarde à la Plastic Bertrand de P-K Keränen, avec les synthés omniprésents de son frangin Asko, avec la légèreté de "(Just a) Little Bit More", de "At the Everybody’s" et du virevoltant "Tokyo Tiger", avec ces chansons sautillantes à la "I Do Do I", avec la boîte à rythme des très électroniques "Gimme Some Water" et "Blue Balloon", avec un côté parfois punky ("I Never Said") et plus généralement, avec un éclectisme clinquant et chatoyant.

Mais derrière cet aspect chamarré, l’influence première et originelle de nos Finlandais transparaissait parfois : celle du blues. Un blues rajeuni, revitalisé, amaigri, mais bien présent. Pas tant dans les thèmes, puisqu'à part "Oo my Head", il était tout de même davantage question de filles que, je ne sais pas, d’alcool et de perdition. Mais dans la musique, avec ce pur modèle du genre (si l’on excepte l’envolée de synthé de la fin) qu’est "Nappy King Blues", tout comme avec ces versions atmosphériques et actualisées du genre que sont le très beau finale "Coffee Girl" et l’introduction du somptueux "Snowy Dave".

C’est précisément en mariant les contraires d’un blues asthénique et d’une pop synthétique tourbillonnante, en défiant toute classification, que nos coccinelles (ce que Pistepirkko signifie dans cette langue ardue qu’est le finnois) gagnaient ou consolidaient leur place de valeur sûre sur le circuit rock international. Une place qu’elles n’ont plus quittée depuis, surtout dans ces années 2000, celles du revival 80’s et de l’éclectisme généralisé, auxquelles leur son va désormais si bien.

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