Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

THE NEUROLOGISTS - No Future - Aug. 44 2007

, 22:59 - Lien permanent

Toujours visqueux et ténébreux, les instrumentaux des Neurologists poussent à son paroxysme la face la plus sombre et expressioniste du hip hop, au point d'étouffer toute sensation de subtilité.

Mystic Gift Creations :: 2000 / 2002 :: acheter ce disque

Noir c’est noir.

Evidemment, avec cette pochette glauque faite de tons foncés et ce recyclage du vieux mot d’ordre punk en guise de titre, le contenu de ce No Future pouvait difficilement se révéler lumineux et souriant. Mais tout de même...

Ceux qui connaîtront les deux titres de Tes qu’ils ont remixés ou les Systematic Sensitization et Gemini’s Curse de One Dae dont ils assurent une bonne partie de la prod, ne seront pas surpris par l’option outrancièrement lourde, poisseuse et gothique choisie par les Neurologists (Mr. Boody et Paws). A l’instar du rappeur cité plus haut, ce duo de beatmakers new-yorkais sera aisément accusé d'en faire trop, beaucoup trop.

Appuyés tantôt par des nappes, tantôt par des beats implacables, toujours visqueux et ténébreux, ne reculant devant aucun artifice (même des guitares très douteuses sur "Misery"), les instrumentaux des Neurologists semblent dédiés à pousser à son paroxysme la branche la plus sombre et expressioniste du hip hop, au point d'étouffer toute sensation de subtilité.

Et pourtant, il y a de bonnes choses parmi les 25 titres de No Future. Et ces bonnes choses, comme par hasard, apparaissent juste au moment où le son brumeux se dégage ("And they never Return", "Journey to the Promised Land"), où la pression se déserre pour permettre quelques légères envolées (l'excellent "Famine") et où des rappeurs viennent appuyer ces ambiances de fin du monde (le rap asthmatique d'Ubiquitus Zenith sur "D-Day", le finale à deux de "No Future" avec One Dae). Comme si tous ces beats lourds et permanents n'étaient qu'un écrin, conçu entièrement et avec soin pour souligner, par contraste, les moments les plus gracieux d'un album qui ne peut et ne doit s'écouter que d'une traite.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet