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FOREIGN LEGION - Kidnapper Van

, 23:18 - Lien permanent

Etre issu de l'inventive scène de la Bay Area n'empêche pas le trio Foreign Legion de livrer un hip hop de facture tout à fait classique. Mais pour une fois, ce conservatisme ne joue pas en la défaveur du groupe.

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Discrètement sorti en 2000, mais néanmoins disponible en France, Kidnappervan est le premier album de Foreign Legion, un trio multiracial (deux blancs et un noir) encore méconnu composé de Marc Stretch et Prozack, les MC’s, et de DJ Design, et issu comme tant d’autres de la prolifique et de l'inventive scène de la Bay Area. Cela ne leur empêche toutefois pas de livrer un hip hop de facture tout à fait classique, ce qui pour une fois ne joue pas, loin s’en faut, en leur défaveur.

Kidnapper Van peine pourtant à démarrer. Le court morceau introductif, "Everyone Sleeping", est charmant avec ses choeurs féminins, mais ça se gâte juste après avec un "People Round Town" quelconque, ainsi qu’avec "Nowhere to Hide", un ancien single qui exploite la très pénible théorie de la conspiration et qui, en dépit d’un clavecin bien senti, ne décolle pas vraiment. Les choses sérieuses ne commencent qu’avec les trompettes de "Underground", un autre single, et son entrée empruntée au "We Can Get Down" de Tribe, qui s'attaque aux avocats de l’authenticité hip hop, plus prompts à proclamer leur "realness" qu’à améliorer leurs techniques. Manifestement, Foreign Legion n’appartient pas à cette catégorie.

"Underground" est une première sensation forte, mais c’est passé un "Meanwhile" tout en scratches (lequel finit par un extrait du "Chaos" de Bahamadia et Reflection Eternal) que Foreign Legion révèle la mesure de son talent, grâce à une suite de trois titres fabuleux. "Full Time B-Boy", tout d’abord, exploite une ingénieuse succession de notes courtes, aux timbres distincts et surmontées de scratches. Comme s’il s’agissait là de la marque de fabrique du trio, la recette est appliquée avec un bonheur proche sur "Let me Tell you Something". Dernière merveille enfin, et sommet de l’album, l’uptempo "Secret Agent", entêtant à souhait.

Puis l’album laisse place à titres plus dispensables, comme le cool "That’s Bond", le funky "Référence Check" ou "Overnight Success". Les seuls morceaux à dégager quelque chose, ne serait-ce qu’épisodiquement, ne sont plus que "Chain Reaction" (une citation à la file des références musicales du groupe) et "Never be the Same", démonstration de turntablism signée DJ Design. Il faut donc raison garder. Le fait que Foreign Legion soit plutôt une bonne surprise incite à la bienveillance, mais ne doit pas cacher qu’une partie de Kidnapper Van est somme toute anecdotique. Reste donc à voir ce que le trio livrera sur la longueur.

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