15 des meilleurs albums rap de 2004

15 des meilleurs albums rap de 2004

2004 est le moment où une première version de ce site met la clé sous la porte. Et cela n’est pas un hasard. Elle n’est pas l’année la plus excitante du rap, ni la plus mémorable. Elle est de celles que l’on dit « de transition ». Des vagues l’agitent au loin, en profondeur, qui s’abattront bientôt sur le public. Mais à ce moment précis, à première vue, il y a peu de choses à se mettre sous la dent.

Rétrospectivement, l’album le plus célébré de ce moment-là, c’est Madvillainy. En associant deux figures respectées de l’underground, MF Doom et Madlib, il semble l’aboutissement du mouvement indé qui a marqué la période précédente. Mais cette consécration critique est en trompe-l’oeil. Elle indique surtout la fin d’une époque. Pour l’essentiel, et conformément à la logique même de l’underground, la plupart de ses acteurs demeurent ou redeviennent des anonymes. Nos chouchous de l’époque (Cypha 7, Omni, Existereo, Ceschi, Qwel, Nobs, Epic, Greek, Sankofa, etc.) ne seront jamais connus d’un large public, même si l’on retrouve l’influence de certains indés chez un autre disque chéri de ce temps-là, The College Dropout de Kanye West, le premier épisode d’une discographie qui ramènera les préoccupations arty au coeur du rap grand public.

Ailleurs, dans cet an 2 de la domination de 50 Cent, le rap de mauvais garçons a repris tous ses droits. 2004, c’est en effet le temps de Dipset, de Roc-a-Fella et de la G-Unit, avec les très bons albums de Cam’Ron, de Kanye (on l’a dit) ou de Young Buck. Il est d’ailleurs révélateur que ce dernier provienne en vérité du Sud, une région qui ne cesse de monter depuis la fin des années 90.

En 2004, le Sud fait encore l’actualité avec le crunk de Lil Jon, Crime Mob et consorts. Pas très loin, il en est de même de la scène de Virginia Beach, avec des Timbaland et des Neptunes qui, bien au-delà du hip-hop, continuent à concocter les plus grands tubes pop de l’époque. Après la noirceur des années 90, ce sont des envies de fête qui s’emparent des gens. Et c’est parce que le rap lui-même se consacre à la danse, et donc aux singles, qu’il y a si peu de véritables grands albums à se mettre sous la dent. 2005, cependant, comblera bientôt ce manque. Et amplement.

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Ci-dessous la sélection de Fake For Real, sans classement. L’ordre est celui des dates de sortie.

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Vos cinq albums rap de 2004
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