JEDI MIND TRICKS – The Psycho-Social, Chemical, Biological, And Electro-Magnetic Manipulation Of Human Consciousness

JEDI MIND TRICKS – The Psycho-Social, Chemical, Biological, And Electro-Magnetic Manipulation Of Human Consciousness

Sorti le 4 novembre 1997,
chez Superegular Records.

Si 1996 peut être considérée comme l’année de naissance de la nouvelle scène rap indé, 1997 est celle de ses premiers classiques. Parmi ceux-ci, le premier album des Jedi Mind Tricks, The Psycho-Social, Chemical, Biological, and Electro-Magnetic Manipulation of Human Consciousness (ouf, rien que ça !), occupe une place de choix, pas très loin d’un Funcrusher Plus, avec lequel il a en commun une ambiance ténébreuse, des sons dérangeants et des paroles obtuses.

Sorti uniquement en vinyle et succédant à un EP, l’album révèle alors un rap lent, étrange, éthéré, servi par les paroles cryptiques, religieuses et sacrilèges du MC Ikon the Verbal Hologram, futur Vinnie Paz, et renforcé par la production surnaturelle de Stoupe the Enemy of Mankind. Sur le format court du vinyle, le groupe de Philadelphie offre douze titres animés par un goût commun pour les ambiances étranges et oppressantes. Le long de cet album, Stoupe montre aussi ce qu’il doit au Wu-Tang, évoquant un RZA sous calmant, plus atmosphérique et bizarre que l’original. Une sorte de rap gothique s’y fait jour, aux paroles grandiloquentes, et aux compositions minimales.

Sur « Incantrix », sur cet « Omnicron » où une guitare contraste avec des sons bizarres, sur le morriconien « The Apostle Creed », domine un sentiment de malaise, de même que sur « Chinese Water Torture », ce cousin du « Population Control » de Co-Flow avec ses clapotis d’eau. Les JMT usent et abusent de voix féminines éthérées, ils les emploient sans retenue sur « Books Of Blood » et sur le titre le plus saillant de The Psycho-Social…, cette « Immaculate Conception » bâtie autour d’une citation de Pharaohe Monch. Le groupe prouve aussi que le rap mélancolique n’est pas qu’une vue de l’esprit, avec le plaintif « The Winds Of War » et le finale « I Who Have Nothing ».

Quel que soit le jugement porté sur les Jedi Mind Tricks, notamment sur ces albums postérieurs où ils s’orienteront vers un rap de thugThe Psycho-Social… demeure un album clé, avec en germe certains développements de la scène rap indé des années suivantes. A l’occasion, on entendra des sonorités proches chez les siphonnés d’Anticon (« Books Of Blood », notamment, ressemble à s’y méprendre à du Deep Puddle Dynamics), sans qu’elles atteignent ce niveau d’emphase, sans ce côté surjoué qui est, selon les avis, soit le grand atout, soit la faiblesse majeure, du premier JMT.

Acheter cet album

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *