THE NONCE – World Ultimate

THE NONCE – World Ultimate

Sorti le 28 février 1995,
chez American Recordings et Wild West Records.

Le premier The Nonce apporte un démenti à tous ceux qui pensent qu’en matière de hip-hop, la Californie se résume au g-funk, et que le jazz rap est la chasse gardée de la Côte Est. Bien que basés à Los Angeles, Nouka Basetype et Yusef Afloat optent pour le second style, s’exposant à de nombreuses comparaisons, partiellement pertinentes, avec A Tribe Called Quest. Et c’est un New-Yorkais, Rick Rubin, qui sort leur premier album sur son nouveau label, American Recordings, après avoir été émoustillé par le single « Mix Tapes », le morceau de bravoure du duo, une évocation nostalgique de ses premiers pas dans le hip-hop, à l’époque où celui-ci n’était pas encore vénal.

Par chance, ce chef d’œuvre de rap suave et jazzy qu’est « Mix Tapes », produit par les rappeurs eux-mêmes, sert de modèle à tout World Ultimate. Sur des beats fins (écoutez le subtil « J To The I » pour vous en convaincre), parsemés de cuivres, d’orgues, de flûtes, de piano et de juste ce qu’il faut de scratches, usant l’un d’une voix aigrelette qui évoque Q-Tip (Yusef Afloat), l’autre d’une voix pleine qu’on a comparée à Aceyalone (Nouka), les deux rappeurs exaltent d’un flow sans tache la culture hip-hop (« Keep It On », « World Ultimate »). Ils renouent avec nostalgie avec la old school et l’esprit battle des débuts, vantant leur style et décriant celui des wack MCs.

Ici, ils pleurent un âge d’or hip-hop révolu (« Eighty Five »). Là, ils font un clin d’œil à EPMD, recyclant leur beat sur l’excellent « Good to Go ». Ou encore, ils célèbrent le bon temps passé auprès de la gente féminine (« Bus Stops »). Et tout cela sonne juste, même sur « On The Road Again » quand, avec les filles de Figures of Speech, The Nonce flirte dangereusement avec le R&B.

Par leur style, par leurs paroles (« West Is… »), le duo se place à contre-courant de l’imagerie gangsta. The Nonce et le Project Blowed, auquel ils sont affiliés (d’où la présence d’Aceyalone), n’ont cependant jamais imposé au grand public cette autre Californie. Dommage, car comme le EP The Sight Of Things, comme les sorties posthumes du duo, comme encore les enregistrements postérieurs de Nouka, opérant autant en solo qu’avec le collectif Global Phlowtations, et rebaptisé Sach après le décès mystérieux de Yusef Afloat en 2000, cet album est irréprochable.

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