TIERRA WHACK – Whack’s Museum

TIERRA WHACK – Whack’s Museum

Sorti le 19 juin 2026,
chez Interscope Records.

La très inventive Tierra Whack aime surprendre. Et cette fois, avec son dernier album (ou plutôt une « rap mixtape », paraît-il), elle le fait par un retour à la normalité. Whack’s Museum, en effet, se montre nettement plus rap que ses très fantasques et très éclectiques œuvres précédentes. Il s’agit de la sortie boom bap de la rappeuse de Philadelphie, d’un retour à sa formation de freestyleuse, avec à l’appui quelques sons de Conductor Williams, le producteur de Griselda.

They said I should rap more, yeah, uh
What more can I ask for? Yeah

Ils ont dit que je devrais rapper plus, yeah, uh.
Qu’est‑ce que je peux demander de plus ? Yeah

D’entrée, dès ces premiers vers, Tierra Whack annonce la couleur. Whack’s Museum est là pour montrer qu’elle sait rapper. La musique se limite le plus souvent au strict nécessaire : des boucles, des samples de musique afro-américaine, soul ou gospel (« Brazilian Wax », « Queens Crown », « Two Fifteen »), et une instru jazzy (« Siren »). Quant aux paroles, elles se nourrissent de style battle. Elles contiennent de l’égo-trip, des diss tracks et des punchlines bourrées de références à la pop culture. Elles sont riches en jeux de mots, en assonances et en allitérations. Elles s’amusent à jouer d’un thème imposé, l’argent par exemple sur « Gooda ». Et par moments elles rendent hommage à ses bases, et aux rappeurs, Beanie Sigel, Meek Mill ou Skrilla, qui y sont apparus.

Néanmoins, on reconnaît la rappeuse. Cet album, comme les précédents, reste concis, tout se tient en moins de trente minutes, et pas un morceau ne se ressemble. Chacun est une vignette, où Tierra Whack varie les flows et les tempos. Et comme le titre de l’album, Whack’s Museum, le suggère, il s’agit encore de faire de l’art. La boucle de « Whack Job » a beau être minimaliste, la rappeuse s’amuse à la ralentir, et à y accommoder son flow. L’instru de « Wax Paper », le single, est délicieusement dissonante. Quelquefois, comme sur « Totem », le son devient plus moderne. Et Tierra Whack ne résiste pas tout à fait à la tentation de chanter, sur « Siren » et « Earwax ».

They call me whack, luckily, it’s my government

Ils m’appellent whack (nulle), par chance, c’est mon nom légal

Non, Tierra Whack n’est pas un wack MC. Si Whack’s Museum est moins surprenant que les autres sorties de la rappeuse, si la frénésie créatrice y paraît moins forte, cet album aura le mérite, conformément à son intention, de rappeler que l’artiste et chanteuse est avant tout une rappeuse.

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