Beyond Space Entertainment :: 2004 :: acheter ce disque

De sa voix grave caractéristique, Sankofa se livre aux exercices habituels : phases introspectives et réflexions sur le milieu musical, avec en prime des passages plus abscons et un peu de battle. Voici ce que l'on peut décrypter de cette Pierre de Rosette rap, l'anglais du rappeur, intelligible mais abondant et dense, se montrant exténuant pour une oreille française. The Rosetta Stone a un autre point commun avec l'album d'avant : avec quasiment autant de beatmakers que de plages (14 pour 17), une grande diversité de beats. Cela ne se voit pas trop. Il n'y a pas de rupture de style scandaleuse sur l'album, pas de raccord mal fait, de couture apparente. Mais il y a des moments de faiblesse et des longueurs, au milieu notamment, entre deux très bonnes séries de titres.

La première de ces séries est formée par "Angelina" (le titre le plus up-tempo de l'album), "Sunday Morning" (le plus délicieusement étrange) et ce "Vinegar Tongue" tout en subtile sonorité asiatique. La seconde, moins flagrante, est annoncée lentement par une autre bizarrerie ("Asphyxia"), par un rif et un refrain accrocheurs (sur "Deep Fried") comme Sankofa en a le secret, puis s'affirme avec l'entraînant "Rockfish", avec la lente guitare acoustique de "All of Heaven's Angels" et dans une moindre mesure, avec un "RDB" où Sankofa rend hommage à son papa. Qui sait compter voit que ces titres additionnés forment une bonne moitié de l'album. The Rosetta Stone donc, tout imparfait qu'il soit, se montre fort appréciable. Comme d'ailleurs tout ce que Sankofa a sorti jusqu'ici.