FLEE LORD & MEPHUX – Pray For The Evil

FLEE LORD & MEPHUX – Pray For The Evil

Sorti le 28 février 2020,
chez Trillmatic Records.

La première chose qui marque avec Pray For The Evil, c’est la pochette : une photo en noir et blanc, sobre et frappante, d’une bonne sœur en prière, sans aucune indication de titre ni d’auteur, selon une mode observée récemment avec plusieurs projets de rap. Mais derrière, bien sûr, il y a quelqu’un : Fleeigo Delgado, alias Flee Lord, ancien protégé de Prodigy, proche de Griselda, collaborateur de Buckwild et de Pete Rock, et continuateur de cette vieille école new-yorkaise.

Son ascension a commencé l’année de la mort de son mentor, en 2017, avec une première mixtape,  Loyalty Or Death: Lord Talk, Vol.1, et sa rencontre avec Conway et Westside Gunn, croisés à l’hôpital où il veillait l’ancien Mobb Deep en phase terminale. L’année suivante, on l’a entendu sur des sorties de ces derniers et de Benny the Butcher. En 2019, il a sorti une palanquée de projets. Et en 2020, après avoir été plus prolifique encore (une douzaine d’albums…), il a fini l’année par un hommage au disparu, In the Name Of Prodigy, avec l’autre Mobb Deep, Havoc.

Son projet le plus marquant de 2020 n’est pas ce dernier, mais plutôt ce Pray For The Evil sorti il y a un an pile. C’est un album sans surprise, fait d’un rap de rue à l’ancienne descendu en droite ligne de Mobb Deep, rempli d’une imagerie ghetto ténébreuse et de paroles de délinquant pas glamour. Sur un tempo plutôt lent, on y trouve des cordes classieuses (« When My Dough Come », « Ease The Pain »), des cuivres jazzy (« One Shot », « 2020 Mines »), les percussions sèches du boom bap, d’autres au feeling plus live (« Black G Wagon », « Steppers »), et même de bons vieux scratches, le tout surmonté de la voix rauque et abrasive de Flee Lord. La seule concession à la modernité sont ces onomatopées incessantes, chères à ses compères de Griselda Records.

Circonscrit à sept morceaux courts, Pray For The Evil laisse peu de place aux déchets. C’est là sa force, avec le travail opéré à la production par Mephux, un producteur de Boston aperçu auprès de Conway, qui redonne des couleurs à la science surannée du sample. Néanmoins, des titres se démarquent. Le rappeur prétend, au moment d’entamer le conclusif « Ease The Pain », que cet album est rempli de bangers. Il en compte en tout cas au moins deux : l’admirable « Still Shining » et surtout ce sommet qu’est le prodigieux « Steppers », où le rappeur est renforcé par Conway, qui contribuent à faire de cette sortie une autre pièce de choix du revivalisme rap new-yorkais.

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *