GENE CLARK – Gene Clark (White Light)

GENE CLARK – Gene Clark (White Light)

Sorti en août 1971,
chez A&M Records.

Désigner quel serait l’album culte par excellence de Gene Clark est un challenge, car la carrière de l’ancien Byrds n’est faite que de cela, que de merveilles mésestimées, que de perles qui n’ont pas été reconnues à leur juste valeur, ou alors bien trop tard. Deux disques émergent pourtant quand il s’agit de faire parler les connaisseurs, deux qui, pour partie, sont le contraire l’un de l’autre.

Brillamment réédité dans les années 2000, No Other semble finalement, bon an, mal an, reconnu aujourd’hui. Mais à l’opposé de cet exercice de rock baroque, est sorti quelques années plus tôt un album sans titre. Appelé plus tard White Light par les fans, il est tout aussi maudit que les autres (allez savoir pourquoi, il ne marcha qu’aux Pays-Bas), et il est tout aussi excellent. Sur ce disque sorti en 1971, mais enregistré deux ans plus tôt, Gene Clark se montre extrêmement sobre.

Pas d’arrangements sophistiqués, plus de Byrds autour de lui, plus de banjo ni de Doug Dillard. Juste le chanteur, sa voix, sa guitare acoustique, et quelques autres instruments délicats parsemés ci et là (harmonica, orgue, quelques percussions, un brin de basse et de guitare électrique), joués par des musiciens échappés, entre autres, des Flying Burrito Brothers et du Steve Miller Band.

Toutefois, ce dépouillement ne gâche rien, bien au contraire. C’est d’ailleurs ici, entre autres perles, que l’on trouve ce qui pourrait être la plus belle chanson que Gene Clark ait écrite, à savoir ce long et délicat « Spanish Guitar », un titre que Bob Dylan a un jour avoué avoir voulu écrire. Tiens, et puisque l’on parle du Dieu le père du folk, l’une de ses chansons est reprise ici, « Tears Of Rage ». Gene Clark s’en accapare si bien que l’on oublie tout de suite qu’elle n’est pas de lui. Mieux, sa version vaut largement l’originale, ou celle de The Band. Enfin, comment ne pas citer ce splendide « Because Of You », ici en deux versions, dont une parmi les bonus de la réédition CD ?

Ces bonus, parlons-en, car ils sont loin d’être un simple remplissage. L’avantage, avec les artistes maudits, c’est que seuls des gens avertis sont susceptibles d’acheter leurs disques. Du coup, les rééditions sont confectionnées pour eux, avec soin. Chaque titre en plus est dans le même esprit, il est aussi bon que le reste. L’exception, l’unique titre à être autre que splendide, miraculeux, c’est la reprise du « Stand By Me » de Ben E. King, anecdotique, quoique tout à fait honorable.

Alors ce White Light, en version originale ou enrichie, meilleur album de Gene Clark ? Au dessus de No Other, de Echoes, de The Fantastic Expedition ? Peu importe au fond, puisque de toutes façons, comme on l’a déjà dit, comme on ne cessera de le répéter, il faut les posséder tous.

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *