30 des meilleurs albums rap de 2015

30 des meilleurs albums rap de 2015

L’année au centre de la décennie 2010 est aussi son pivot. Elle consacre une trap music vieille déjà de dix ans, mais qui se place plus que jamais au centre du jeu. Deux hommes issus de cette tradition se disputent alors le titre de rappeur le plus signifiant du moment. Alors que le chouchou de l’intelligentsia rap, Kendrick Lamar, est au faîte de la considération critique avec le (trop) ambitieux To Pimp A Butterfly, les vrais gens importants de l’époque sont Future et Young Thug.

Ces rappeurs sortent les albums les plus célébrés de leurs carrières respectives, DS2 pour l’un et Barter 6 pour l’autre, en plus d’une palanquée de mixtapes remarquables. Ailleurs à Atlanta, alors la capitale incontestable du rap, d’autres s’agitent. Des gens plus jouasses tels que Rae Sremmurd et Migos, ou des expérimentateurs plus underground comme ceux d’Awful Records.

En France aussi, l’heure de la trap music a sonné. Notre pays a fini par prendre le train en marche, et en 2015, on voit le duc du rap d’ici sortir son meilleur album dans ce registre. Plus emblématique de ce passage à une nouvelle ère, cependant, sont l’émergence des deux grands phénomènes de la décennie. Si PNL et Jul sont différents, ils n’en représentent pas moins la conversion de la France au rap de mauvais garçon mélancolique qui chantonne son mal-être sous Auto-Tune.

C’est à ce moment-là, aussi, qu’on voit le rap basculer vers son futur. Alors qu’avec Kendrick Lamar, Vince Staples réintroduit dans le jeu un « rap conscient » mis à mal par le nihilisme débridé des années précédentes, on voit surgir en marge quelques grandes tendances des années à venir.

La scène du Michigan frappe déjà fort avec le premier solo d’un de ses héros, Payroll Giovanni, tandis que l’école de Buffalo et son rap East Coast rénové commencent à faire parler d’eux à travers certaines de leurs meilleures pièces. L’Angleterre change d’ère, elle aussi. Elle s’aventure en dehors du grime avec sa déclinaison nationale de la drill music défendue par le collectif 67, comme avec le rap inspiré par les sons africains de J Hus. Et ce n’est là qu’une poignée d’exemples.

Alors que le retour de Dr. Dre et le biopic à succès Straight Outta Compton immortalisent un rap gangsta au plus haut de sa popularité, alors que ce genre musical devient un patrimoine, tout change à nouveau en 2015, plus vite encore qu’auparavant. Et c’est un signe de bonne santé.

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