BUSDRIVER – Cosmic Cleavage
Sorti le 18 avril 2004,
chez Big Dada.
Bof. C’était l’un des albums de rap les plus attendus de l’année, par ici. Mais bof.
Cosmic Cleavage est à la jonction des deux aventures les plus palpitantes de ces derniers temps. D’un côté, la conversion réussie au free jazz du beatmaker Daddy Kev, brillamment assisté par D-Styles aux platines. De l’autre, la montée en puissance de Busdriver, MC unique dans la droite lignée du Project Blowed, auteur après deux albums sur CD-R prometteurs quoiqu’inaudibles (Memoirs Of An Elephant Man, This Machine Kills Fascists) dun classique underground Temporary Forever et d’un duo remarqué avec Radioinactive sur des sons de Daedelus (The Weather).
Ces hommes semblaient faits, non pour se rencontrer (le microcosme West Coast Underground l’a permis depuis belle lurette), mais pour bosser ensemble. A priori, quoi de plus naturel que les extravagances jazz de Daddy Kev et de D-Styles pour accompagner le rap excentrique et virtuose de Busdriver ? Pourtant, cette fois, la formule appliquée avec plus ou moins de succès à deux autres acteurs du rap indé californien (Awol One et The Grouch) ne fonctionne franchement plus.
Trop de free tue le free, trop de divagations gâchent l’attention. Cosmic Cleavage commence plutôt bien (« Pool Drowning »), mais sombre très vite dans un brouet indigeste et saoulant (dans le genre, le speed « Beauty Supply And Demand » remporte la palme). Le rappeur et les musiciens semblent se faire plaisir, mais chacun de son côté, sans jamais vraiment se rencontrer, ni tirer profit de leur association. Et sans sembler se soucier vraiment de la présence éventuelle d’auditeurs.