SEXYY RED – Yo Favorite Trappa Favorite Rappa

SEXYY RED – Yo Favorite Trappa Favorite Rappa

Sorti le 15 avril 2026.

Sexyy Red a bien joué sa partition dans la grande nostalgie pour la trap music des débuts qui, ces dernières années, semble avoir saisi le rap. Hood Hottest Princess, son album, a bien représenté cette tendance. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir sa dernière sortie suivre le même chemin, voire forcer le trait. Apparu le jour même de son dernier anniversaire, Yo Favorite Trappa Favorite Rappa prend la forme d’une mixtape à l’ancienne assemblée par DJ Holiday, avec des vrais sons trap circa 2000, celui de « All Da Hoes » par exemple, et les fameux cris « Holiday Season! » à l’appui.

D’entrée, c’est reparti avec cette sortie qui a pour titre un vers de Quavo. « Her Her Her », le premier titre, est un modèle du genre avec ses synthés étincelants, ses onomatopées délicieuses et son égo-trip démesuré. Sexyy Red est lancée pour nous dire, tout au long de ces quarante-cinq minutes, qu’elle est sexy et qu’elle est riche. Qu’elle ne traine qu’avec des filles sexy et riches (« It Bitches », « Cut Like Us (Blood Sustaz) » avec Pretty Pinkk et Ghetto Beisha). Que son amant (Key Glock, par exemple, sur « Hang Wit A Bad Bitch ») doit être sexy et riche, et que leurs parties de jambe-en-l’air sont torrides. Rien ici n’est inattendu, sinon « Team Lil Booty », où Sexyy Red renverse le canon de beauté du rap en proclamant, avec PLUTO, sa fierté d’avoir un petit cul.

Ça cogne fort. Les sons sont parfois de premier choix, et certains producteurs (Zaytoven, Metro Boomin, Tay Keith) aussi. Les deux premiers, par exemple, apportent à cette sortie son éclatante conclusion, « YOP ». Ces gens, pourtant, ne suffisent pas toujours à masquer un certain manque d’inspiration. Sexxy Red a respecté le cahier des charges des vieilles mixtapes. Elle a donc bourré cette sortie de morceaux, une vingtaine au total. Et c’est là que le bât blesse. Yo Favorite Trappa Favorite Rappa se répète trop pour éviter l’ennui. En vérité, l’autoproclamée « female Gucci Mane » ne retient de son maître que sa propension à délivrer du rap fier au kilo, mais sans les traits d’humour inattendus qui vont avec. Et si ce revivalisme fait parfois plaisir, il a aussi ses limites.

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