NICE – Must Be Nice 2
Sorti le 19 mai 2020,
chez MBNent et Placenta Recordings.
A la liste des rappeurs qui comptent, à Detroit, ajoutons Nice. Celui-ci, à vrai dire, n’a rien d’un nouveau-venu. Aperçu sur des titres de Danny Winnin et d’Allstar Jr, il appartient au collectif Team Eastside, dont le membre le plus éminent est Peezy. Et ses premiers projets, sortis sous le nom de D-Nice, remontent à 2015, quand il a sorti la mixtape Underdog, et un peu plus tôt son premier album Must Be Nice, auquel ont contribué ses compères Peezy, Babyface Ray, Lou, Damedot et le désormais disparu Snoop, tous associés à la Team Eastside, ainsi que GT et Icewear Vezzo.
Sa sortie la plus récente est une suite à ce projet. Là encore, participent des sommités de cette scène. Outre Peezy et Babyface Ray une fois encore, on y croise Allstar Jr, 42 Dugg, ainsi que l’ami de Flint, Rio da Yung OG. En résulte du rap de Detroit au plus pur de sa forme, avec force pianos trépidants, synthétiseurs glaçants et rythmes soutenus, sur des morceaux excédant rarement les trois minutes, et traitant comme toujours d’argent, de drogue, de sexe, d’adversité et de déloyauté.
Nice n’a pas une voix marquée. Il n’a pas le style distinctif de rappeurs hauts en couleur à la Sada Baby. Ses invités, d’ailleurs, lui volent parfois la vedette, comme Babyface Ray sur le remarquable « Boxing », le morceau le plus palpitant avec son piano rapide parsemé de cloches, et sur « Really That » à nouveau, avec le possédé 42 Dugg. Il n’y a rien de vraiment original sur Must Be Nice 2, un projet parmi d’autres, générique, routinier, attendu, perdu dans un flot incessant de sorties, mais à même de contenter notre addiction du moment, à même de de nous donner notre dose mensuelle de rap de Detroit, plus que jamais la meilleure école de rap qui soit, en 2020.