MURS – The End Of The Beginning

MURS – The End Of The Beginning

Sorti le 25 février 2003,
chez Definitive Jux.

A tout prix éviter d’accabler Murs. Au contraire, en profiter pour vanter un F* Real et un Good Music plus fréquentables. En profiter plus encore pour rebondir sur son groupe, les Living Legends, pour expliquer leur histoire, leur incroyable et labyrinthique discographie. En profiter surtout pour se livrer une fois encore à tout ce travail didactique sur les 3 Melancholy Gypsys, les mythiques Log Cabin, et l’abondante, complexe et féconde scène West Coast Underground. Rebondir le mieux possible sur l’exposition soudainement offerte à l’un de ses éminents représentants pour faire avancer les artistes et les albums que nous aimons défendre ici.

Car c’est acquis, The End Of The Beginning est très moyen. Il ne dévoile rien d’autre qu’un rap balisé. Murs se sert bien mal de la chance offerte par son arrivée chez Def Jux. L’introductif « You And I » a beau laisser présager un rappeur gaillard et remonté, quelques phrases du titre suivant (« I know my time is coming, I know my time is now ») confirmer cet appétit, le décalage est grand avec les sons, avec la suite, avec tout. Tout l’album est construit sur un même schéma chabadi chabada, tantôt pas trop mal (« Last Night », le funky « Gods Work », « Got Damned? », « Done Deal », « Risky Business »), tantôt pas bien du tout. Avec des pics de pénibilité comme « Please Leave » (« un deux trois – casse-toi de chez moi sale squatter », sur fond de son pourri).

Ne pas accabler Murs, se contenter de préciser qu’à partir de cet album nous cessons de le suivre. Mais ne pas se priver pour se défouler sur le label d’El-P. Car cet album n’est pas le premier faux pas pour Definitive Jux. Il fait suite à l’insignifiant premier long format de Mr. Lif, au surestimé album en Shadow mineur de RJD2 et à l’indigeste bouillie de rock progressif pondue par El-P lui-même. Ca commence à faire beaucoup pour un label qui prétendait vouloir honorer, il y a trois ans, tous les espoirs déçus par Rawkus. Aujourd’hui, malgré une crédibilité underground encore intacte, Def Jux ne vaut pas mieux. Et ça ne va pas s’arranger au vu des nouvelles signatures annoncées.

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