DIE YOUNG & DEESKEE – Ravish

DIE YOUNG & DEESKEE – Ravish

Sorti le 16 novembre 2004,
chez La2TheBay.

Avant cet album, Die Young n’a jamais semblé le plus remarquable des Shape Shifters. Il a beau s’époumoner comme un diable avec sa voix enrouée de rock star exaltée, il n’a pas le charisme d’un Awol One ou d’un Existereo, ni la singularité d’un Circus. Et en ce qui les concerne, même si cet autre homme est au centre de la scène rap indé californienne avec son site et label LA2theBay, les beats du producteur Deeskee ont parfois manqué d’audace et d’aventurisme. Chacun, pourtant, a su sortir des albums notables du West Coast Underground. Pas des chefs d’œuvre, non, mais des disques plaisants. 2003 a été leur grande année, Die Young ayant proposé avec le producteur M. Fusion un chouette Dead Air Project, tandis que Deeskee a sorti ses propres Blacklight Sessions, ainsi que ses projets de fusion rap / free jazz avec Awol One et The Grouch.

Les deux continuent sur cette lancée avec leur album commun, un bon exemple d’alchimie entre un rappeur et son beatmaker. Ecoutez séparément les raps et les beats de Ravish, et vous retrouvez leurs registres usuels. Cependant, juxtaposés sur ce disque-concept inspiré par les films d’horreur (Die Young y incarne un chasseur de vampires), ils sont bien assortis. Avec Deeskee, Die trouve le bon appui, celui qui met en valeur sa voix rauque de rockeur torturé, à grands coups de guitares (« Dazed », « Run Into The Sun », « Vampire Hunter », « All Of Me »), de piano mélancolique (« Chainletter ») et de samples cramés mais futés (les premières notes du « Caroline No » des Beach Boys sur « White Oleander », celles du « Child In Time » de Deep Purple sur « Carnival »).

Sur Ravish, Die est chez lui, il dicte les règles, il fait son truc. La preuve, quand des rappeurs mieux cotés que lui viennent lui rendre visite (Busdriver et 2Mex sur « Dissapear », Existereo et Awol One sur « Ghostwriters »), ça ne fonctionne plus vraiment. Seul le renfort d’Akuma et de LifeRexall sur « Chainletter » apporte quelque chose, sans doute parce que les trois rappeurs ont l’habitude de se côtoyer au sein des Chainsmokers. Die, en fait, n’a ici besoin de nul autre que Deeskee pour achever cet album, l’un des plus sympathiques et des moins inégaux des Shape Shifters.

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