CHITO RANA$ – The Lost Files

CHITO RANA$ – The Lost Files

Sorti le 14 août 2019,
chez Mala Records.

On l’a dit. Hector A. Garcia, alias Chito Rana$, s’est bâti une grosse réputation là-bas, du côté de Sacramento. Entre deux condamnations à la prison, ce rappeur occasionnel et ce vrai criminel a sorti quelques titres remarqués, ainsi qu’un album déjà apprécié ici, Dead Or Alive. Et tout cela remonte à ce moment où, en 2019, un an après avoir révélé ses premiers singles, il sort plusieurs albums ainsi que ses morceaux signatures, « El Taliban » et « Riches », deux singles qui se retrouvent sur la sortie de référence du Californien d’origine mexicaine, The Lost Files.

Ces singles sont très attendus. Rappé en espagnol sur les sons sautillants et fluides du rap californien, « El Taliban » est l’histoire habituelle, celle de Scarface, celle du rêve américain (l’enrichissement par le travail) dévoyé par la violence et réalisé à travers le crime. Quant à ce « Riches » déclamé en anglais, c’est aussi une vieille scie : Chito Rana$ y partage la satisfaction du gangster endurci qui mène grand train. Et plusieurs autres morceaux suivent la même autoroute thématique, « Cartel Story » par exemple, sur la vie fabuleuse des organisations criminelles.

Cependant, Chito Rana$ varie les plaisirs musicaux avec le boom bap du bon « Patrullando », de « 12 Gauge » et de « Hit Em Up », la boucle pitchée et samplée de « Father Like Son » et, moins convaincant, cet atmosphérique « Calling » à propos de son inégalable pouvoir de séduction. Plus remarquable, il y aussi la trap musique bizarre de « Ribbit », et ce « Better Life » mélodique où le rappeur résume en quelques mots sa motivation de gangster : vivre mieux, tout simplement.

I wanna keep living this life until they kill me

Je veux continuer à vivre cette vie jusqu’à ce qu’ils me tuent

Telles sont les paroles du « Stay High » final. En résumé, si le prix à payer pour le crime est la mort cela importe peu, car il aura offert une vie inespérée au rappeur et à ses proches. Telle est la philosophie morbide qui semble dominer cette sortie. De là vient la mélancolie fataliste qui émane de certains titres, ceux qui légitiment alors les premiers frémissements autour de Chito Rana$.

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *