THIRSTIN HOWL III – Skilligan’s Island

THIRSTIN HOWL III – Skilligan’s Island

Sorti le 23 juillet 2002,
chez LandSpeed Records et Skillionaire Entertainment.

A l’origine un gang de délinquants portoricains, les Lo-Life Founders n’ont jamais cherché à faire œuvre. Quelle que soit leur excellence au micro, le rap a toujours semblé un à-côté récréatif pour eux, plutôt qu’une activité sérieuse. Leur figure de proue, Thirstin Howl III, a beau avoir participé à la compilation Soundbombing II et collaboré avec des pointures comme Eminem et Mos Def, il n’a jamais livré que des enregistrements foutraques et invendables, sortis sur des labels obscurs.

Sorti en 2002, Skilligan’s Island semble d’abord une exception. Pris en main par un vrai label, Landspeed Records, ce quatrième album bénéficie alors d’une distribution inédite pour Thirstin Howl III. Pour autant, les titres y qui figurent sonnent toujours aussi amateur qu’autrefois, et on y surprend encore quelques beats volées à d’autres rappeurs. C’est comme d’habitude, et pour cause : ce disque est en fait, avant tout, une sorte de best-of. Ceux qui ont manqué les épisodes précédents et ne connaissent de TH3 que le « Brooklyn Hard Rock » de Soundbombing II, peuvent y découvrir une ribambelle de titres issus, pour l’essentiel, de ses trois albums solo précédents.

Le cocktail habituel à Thirstin Howl III et à ses comparses de la Lo-Life (Rack-Lo, Unique London, Master Fool, très présents sur le disque) se retrouve à travers quelques-uns de leurs meilleurs titres : « Stole », « John, They’re Stealing », qui célèbre leurs larcins de jeunesse, « I Still Live With My Moms », où le rappeur fait l’apologie de la vie chez maman (la pauvre femme vient tout juste de mourir, apprend-on sur la pochette), l’hilarant « I Wanna Watch », avec ses fantasmes lesbiens (un homme et une femme jouent à qui fera jouir en premier une autre femme), etc… Et puis bien sûr, typique du gang Lo-Life, on y retrouve cette éternelle fascination pour les polos Ralph Lauren…

Le tout est délivré sur un ton à la fois comique et éploré, caractéristique du rappeur. Et les sons, qu’ils soient ou non empruntés à d’autres, conviennent aux paroles : ils ne font ni dans la dentelle, ni dans la subtilité. Et c’est en grande partie à cause d’eux que ce Skilligan’s Island, même s’il cherche à concentrer le meilleur de Thirstin Howl III, ne se différencie en rien des autres sorties. Même en best-of, c’est le même bazar éclectique. La Lo-Life sur compilation, c’est pareil que sur leurs albums : toujours aussi délirant, toujours aussi inégal, mais toujours aussi indispensable.

Acheter cet album

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *