G.T. – Relentless

G.T. – Relentless

Sorti le 12 janvier 2018,
Money Comes First Ent.

C’est une chevauchée fantastique à laquelle nous avons assisté, l’an passé, avec le rap de Detroit. Ses acteurs ne sont pas tous des nouveaux-venus, certains s’agitent depuis des années déjà, dans l’underground local. Mais le coup de projecteur porté à cette scène, désormais exposée au-delà de ses bases, a poussé les Sada Baby, Icewear Vezzo, Peezy, BabyFace Ray et FMB DZ à sortir des projets tous plus affriolants les uns que les autres. C’est une longue cavalcade, qui s’est achevée avec le Relentless de G.T., sorti en 2018, mais disponible sous le manteau dès décembre 2017.

Comme les autres, le rappeur en question n’est pas né de la dernière pluie. Il y a deux ans, il a sorti GT X Mia, en commun avec BabyFace Ray. Il a commencé alors à multiplier les vidéos et à faire parler de lui dans sa ville. Mais sa carrière a subi un coup d’arrêt, quand un accident de voiture lui a brisé les os. Il a donc fallu attendre, avant qu’il ne sorte enfin un premier album, et qu’il l’annonce par un single dont la vidéo évoque l’événement qui a failli le détruire. Ce dernier, « Supposed To Be Here », produit par le beatmaker phare du cru, Helluva, et accompagné par les refrains R&B de B Ryan, met aussi en avant la singularité de GT dans le paysage rap de Detroit.

Alors que le son local se caractérise par un rap implacable et nerveux, celui de G.T. s’en écarte. Seuls deux titres, sur Relentless, sont ceux, vifs et tendus, dont on a l’habitude dans la région : un haletant « Life On The Line », et « Hustling All Day », avec Lil Beno et Drego, tous deux excellents. Mais ailleurs, c’est différent. Le rappeur se démarque par un flow peu soutenu, par une voix faible qui grince, croasse et couine, plus qu’elle n’admoneste. Et les sons se montrent à l’avenant. Dès les notes de guitare qui ouvrent le premier titre, ce sont des rythmes plus lents qui accompagnent G.T.

Relentless nous offre d’autres refrains R&B (« It Aint In You », « Had To Get It Up »). Et l’un de ses meilleurs titres, « 25 Reasons », est ce qui se rapproche le plus d’un chant d’amour (et de rupture) dans le contexte rude des lieux. G.T., cependant, n’expose pas ses sentiments. Au contraire, il les combat. Ce garçon des rues se veut imperméable aux émotions. Et pour en rendre compte, il nous anesthésie avec des morceaux atmosphériques (« Get You What You Want », « Say Yes »), des complaintes au saxophone (« The Truth »), des sons tristes (« Made A Promise »), un piano pesant (le très bon « Copy This ») et des chants évaporés (« Pain »). Il apparaît que le dernier rappeur à s’être démarqué dans le Detroit de 2017 est aussi l’un de ses plus distinctifs.

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