AZJAH – Princess Diaries

AZJAH – Princess Diaries

Sorti le 26 avril 2019,
chez Rocc Solid Ent.

La scène actuelle de Los Angeles ne brille pas par sa présence féminine. Il y a peu, pourtant, une rappeuse s’est revendiquée « Princess of Compton ». La carrière de l’intéressée, une dénommée Azjah, n’a pas commencé d’un coup. La jeune femme s’est longtemps adonnée aux freestyles et à l’écriture en amateur, avant de faire parler d’elle. Mais un événement a accéléré les choses.

En mars 2017, à la suite de la condamnation à vie de son grand frère Cholo pour tentative de meurtre, elle lui a dédié un premier single, « The Warm Up », qui a connu un certain succès viral, et qui a été suivi par un autre « Time For It », encore plus retentissant. Cela a apporté à Azjah la reconnaissance de collègues prestigieux tels que DJ Mustard, YG et Ty Dolla $ign, ainsi qu’un contrat de distribution avec EMPIRE et, dans la foulée, les honneurs de la presse spécialisée.

Princess Diaries est l’aboutissement de cela. Comme le montre cette pochette où Azjah s’exhibe en gilet pare-balle, un chien en laisse, elle opte pour le rap de rue. Garçon manqué plus que poupée, elle ne met pas en avant sa féminité. Ses paroles, unisexes, portent sur son labeur et ses responsabilités de délinquante. Toutefois, exceptés des passages comme le bondissant « Ride For Me », « On A Mission » (avec 1TakeJay, autre valeur montante locale) et le très bon « Play Bout Me », le répertoire est celui, de saison, du gangster mélancolique et résigné, au vague à l’âme amplifié par des sons atmosphériques et des raps chantonnés à l’Auto-Tune. C’est le registre qui domine sur « Time For It », « Testimony » et sur la chanson d’amour « Back N Fourth ».

Le comble de cette approche, c’est le morceau « Loved Ones », un hommage à tous les proches qu’Azjah a perdus, qu’ils soient morts dans la rue ou autrement. Ce titre, elle l’interprète sur une guitare et de manière suprêmement mélodique, et elle le conclut avec ce cri de détresse :

Tell me who you call when all you got is the streets.

Dis-moi qui appeler quand tu n’as que la rue.

Azjah avait voulu faire de « Loved Ones » un banger. Mais la mort de Nipsey Hussle a changé la donne. Elle a précipité la scène de L.A. dans une humeur maussade, et la rappeuse a accompagné cette déprime. Bien lui en a pris, car c’est avec ce rap plein de pathos qu’elle se distingue le mieux.

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