TES – X2

TES – X2

Sorti le 22 avril 2003,
chez Lex Records.

En début d’année 2003, Tes semble le seul à même de porter sur ses épaules l’honneur du rap indé à New-York. A moins qu’à l’abri de ses tréfonds, un collectif méconnu nous prépare en cachette quelque chose de grand, la métropole qui a vu naître le hip-hop et qui en est demeurée de longues années à l’avant-garde, n’est plus aussi excitante qu’autrefois. Le ver est dans la Grosse Pomme, via la débandade de Def Jux et la fin déjà lointaine de la faste épopée Fondle’em.

Dans de telles conditions, inutile de préciser à quel point ce premier véritable album de Tes était attendu. Par la grâce d’une poignée de titres assez exceptionnels, « Acts Of Tragedy », « Sound Investments » et « Mouth Of The River » sur Take Home Tes, « Change » sur la compilation française Projet Chaos et « Big Shots » sur la compilation anglaise Lexoleum, le New-Yorkais s’était déjà vu qualifier ici ou là de « relève de Company Flow ». Tout « rappeur exigeant » normalement constitué s’exciterait pour moins que cela. Mais comme nul n’a jamais été prophète en son pays, c’est le label anglais Lex qui sort son premier album en Europe, sous un packaging inventif.

Sur X2, Tes s’est renouvelé. Il ne s’est pas cantonné à la veine apocalyptique de Take Home Tes. Même si l’album a ses moments de dureté, les guitares acoustiques ont aussi droit de cité, ce dès l’entrée en matière posée de « Say When ». Le phrasé singulier, les beatboxes et les sifflements de « Trigger Da Whistler » en font un autre titre original. Et c’est carrément les grands orchestres disco, des « oh yeah » et des « in the city » bien sentis qui sont de sortie sur « New New York ».

La mauvaise nouvelle, en contrepartie, c’est que ni cet hymne ni les autres titres ne parviennent à approcher de près la seule vraie tuerie de l’album, le génial mais déjà connu « Big Shots ». Times Two est globalement bon, mais tout le potentiel entrevu sur les morceaux cités plus haut peine à s’y déployer, il est gâché par un hip-hop d’une plate normalité, si l’on excepte le flow aigre, haché menu et impeccable de Tes. Mais bon, trêve de pinaillages. Sur la longueur, X2 suffit malgré préserve un peu le prestige, voire l’existence, d’un rap new-yorkais « underground » moribond.

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