JME – Blam!

JME – Blam!

Sorti le 4 octobre 2010,
chez Boy Better Know.

Jamie Adenuga est un personnage de la grande histoire du grime. Actif dès les années 2000, où il est d’abord affilié aux crews Meridian puis Roll Deep, il est le co-fondateur du label et collectif BBK, Boy Better Know. Et plus tard, au cœur de la décennie suivante, avec son frère Skepta, il est la tête d’affiche du revival dont bénéficie alors son genre d’attache. Mais étonnamment pour quelqu’un d’aussi central, JME n’a sorti qu’une poignée d’albums. Parmi eux figurent le premier en 2008, Famous?, et en 2015, Integrity>, le plus médiatisé. Et entre les deux, Blam!, se défend aussi.

Words and verbs,
I don’t smoke herbs

Des mots et des verbes,
Je ne fume pas d’herbe

… JME dit-il sur « Famalam », rappelant qu’il est un homme sobre (il est végétarien et ne boit pas d’alcool). Malgré ses abords de bad boy et son rap mordant, il nous offre du rap de gentil, qui prétend sur le posse cut « Hospital » (redoutable avec son sample efficace de Prodigy) qu’on n’a nullement besoin de drogue quand on profite de sa musique, et qui cherche à remettre de l’ordre à sa vie (« Sidetracked », avec Wiley). Ce qu’il exalte n’a rien de répréhensible, mais tout simplement l’amour pour l’être cher (« Oh »), celui pour la musique (« I Love Music »). C’est le plaisir de rapper sans artifice (« Pick Up The Mic ») et de déchirer le club (« It’s Not A Long Ting »).

C’est au jeu que JME consacre tout d’abord cet album, dès cette intro ludique aux inflexions jamaïcaines, « Darker », qu’il dégaine avec le Mancunien Trigga. C’est à l’égo-trip qu’il s’adonne sur « Famalam », « Over Me », « JME » et « I’m The Best », au diss track sur « Blam ». Le tout, toujours, avec une bonne dose d’humour, comme quand, sur « Your CD Is Dead », lui et Tempa T prétendent que les disques des concurrents ne leur servent plus qu’à jouer au frisbee, sur une musique rétro qui n’est pas sans rappeler les bonnes vibrations de l’electro hip-hop d’autrefois.

Le jeu, c’est aussi le jeu vidéo, l’autre grande passion de JME, celle qu’il évoque sur le partiellement autobiographique « JME ». On en trouve souvent la trace dans sa musique synthétique enjouée et carillonnante. Elle parait même provenir tout droit d’une console, sur les titres « Famalam », « Money On My Brain » et sur l’instrumental « Mario’s Flag » bien sûr.

Blam! n’est sans doute pas le meilleur album de JME et de sa clique. Il est long, inégal, et compte des moments douteux comme le refrain chanté du single « Over Me », plutôt moche. Mais il est une autre pièce appréciable de cet homme qui, d’après le mélodieux « Music Ting », est entré par effraction dans l’industrie du divertissement, sans rien faire d’autre que la musique qui lui plaisait.

Acheter cet album

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *