BUNNAB – Bunna Summa (Ice Cream Summer Deluxe)
Sorti le 2 avril 2025,
chez Ice Cream Girl Entertainment.
Ressorti en version Deluxe le 9 juin 2025.
BunnaB, c’est « Bunna Summa », devenu un tube sur TikTok après sa sortie en avril dernier, un hymne imparable à la fête, au sexe, au soleil et à l’ivresse, l’auto-célébration extatique de vilaines filles qui veulent s’amuser, le titre parfait pour un été torride. Mais c’est aussi un peu plus que cela.
Dès 2023, quelques années après s’être mise au rap, la rappeuse d’East Atlanta a connu un premier buzz avec le titre « My Man », au point de se retrouver quelques temps sur un major. Et si elle n’y est pas restée, investissant ses avances dans ses affaires, elle est déjà réapparue début 2025 avec un autre single remarqué, « No Drought ». Il ne serait donc pas tout à fait juste d’en faire la rappeuse d’un seul titre. Son album, sorti lui aussi en avril, puis réédité en version Deluxe deux mois après, le prouve bien suffisamment. « Bunna Summa » y figure en bonne place, ainsi qu’une sorte de suite à « My Man », « Luv My Man ». Mais ce n’est pas son seul atout, loin de là.
Partout sur ce Bunna Summa (Ice Cream Summer Deluxe), BunnaB excelle dans ce rap sexy et déluré, mais qui promeut tout le contraire d’une femme-objet. Cet album, c’est une ode jubilatoire à la liberté et au bon-vouloir des filles. Sur « It’s Me », par exemple, la rappeuse affirme farouchement son indépendance sexuelle et financière. Sur « Awf Da Perky », puis encore sur « Innit », un duo hilarant avec l’autre rappeuse d’Atlanta YKNIECE, c’est l’homme, l’objet sexuel. C’est un joujou qu’on pique à sa copine, d’après « Mad Again ». Et si ça lui chante, BunnaB peut très bien s’en passer et changer de bord, d’après « Staddy ». Plus globalement, Ereunna McCoy (son vrai nom) ne s’en laisse pas compter, à en croire le diss track « Bunna Scoop » à l’encontre de Nem Brazyy, celle avec qui elle s’est embrouillée, désignée comme « la salope de l’Alabama ».
L’autre atout de cet album, c’est son exploitation maline et renouvelée de recettes éprouvées. BunnaB participe de cette tendance, à Atlanta, qui consiste à faire revivre un peu de la trap music d’avant, celle des années 2000, celle qui, à la façon de Gucci Mane, tient des propos très adultes avec une fausse ingénuité, dans un format enfantin. Sur ses ritournelles à la Zaytoven, BunnaB nous parle de crème glacée, elle pousse la chansonnette sur des mélodies qui évoquent l’enfance (« Ice Cream Girl ») et répète son adlib tout à la fois idiot et charmant, « ah-da-da-da ». Et cette formule, depuis vingt ans, quand elle se double d’humour et d’effronterie, qui peut y résister ?