WNC WHOP BEZZY – Addy World
Sorti le 22 mars 2019,
chez WNC Da Label.
Au sein de la fourmillante scène de Baton Rouge, cela fait quelques années que Whop Bezzy a trouvé sa place. Fondateur d’un WNC (pour Wreck N Crew) Da Label dont il est le membre le plus éminent, il s’impose à partir de 2016 avec la mixtape GREG et des singles tels que « You Know I Ain’t Scared », « Don’t Start Me » et « GYAB ». Sur une version du premier cité, son morceau de bravoure, il collabore avec Boosie Badazz, rien de moins, et il côtoie d’autres figures locales comme Foxx, Kevin Gates, NBA Youngboy, Mista Cain et 70th Street Carlos, avec lequel il sort une mixtape en 2017, Shid Who?. Il se murmure même un moment que WNC Whop Bezzy a signé chez Atlantic, mais on n’en aura jamais la confirmation, le rappeur continuant à enfiler les sorties maison sur le mode de la mixtape, comme Addy World, le premier de ses deux projets de 2019.
A en croire la pochette et le titre, cette sortie concise poursuit la patiente exploration par le rap de toutes les pharmacopées imaginables. La drogue en question est cette fois l’Adderall, ou « addy », un psycho-stimulant souvent utilisé comme dopant chez les étudiants. Whop Bezzy parle donc des stupéfiants, mais pas seulement. Il s’intéresse aussi au sexe et aux filles, lesquelles se manifestent par le biais de rappeuses obscures, sur « Can’t Wait », et sur le très bon finale « Bounce Dat Azz ». Et pour accompagner ces joyeusetés, le rappeur de Baton Rouge opte pour une formule trépidante et exubérante, parsemée de ses ad-libs rituels, « oh my god ».
Addy World, en effet, est un projet mené tambour battant, doté d’un ton enjoué, d’une musique énergique et relevée. Il est agrémenté de cuivres (on les entend d’entrée dès « Wig Off ») et de rythmes sautillants (ceux de « First Grade », avec 70th Street Carlos) qui évoquent les fanfares du carnaval. Cette sortie contient aussi quelques petits bijoux de minimalisme, comme « Dum Shit », qui se contente de percussions et de la voix du rappeur, et un brillant « Stuck » dont l’instrumental n’est constitué peu ou prou que de cloches. Ce sont des moments inspirés, tout comme le nonchalant « How Dat Go », imparable avec ses petits tintements et ses onomatopées. Ce sont des pièces de plus à placer au crédit de Whop Bezzy, et plus largement du rap de Baton Rouge.