THE CHURCH – The Blurred Crusade

THE CHURCH – The Blurred Crusade

Sorti le 25 mars 1982,
chez EMI Parlophone.

Pas sûr que tout le monde s’en souvienne, mais il y a longtemps, The Church a eu son heure de gloire. Cela s’est passé à la fin des années 80, au temps du single « Under The Milky Way », issu de l’album Starfish. Depuis, et jusqu’à nos jours, les Australiens sont restés bon an mal an en activité, à la lisière entre la célébrité et la confidentialité, à la limite entre adult rock passe-partout et rock alternatif ouvragé, continuant à sortir de bons albums, quand ils parviennent à surmonter de prévisibles problèmes de drogue, mais sans connaître une nouvelle fois ce succès fugace.

Mais avant ? Avant aussi, The Church a eu une vie. Elle a duré environ dix ans, et elle est déjà très riche. Le succès international tarde alors à venir, mais le groupe de Steve Kilbey est important dans son Australie natale, où il a sorti dès le début des années 80 de très bons albums. Parmi eux leur second, The Blurred Crusade, d’où est issu « Almost With You », un succès national qui a même marché plus fort, localement, que ne le ferait « Under the Milky Way ».

Faisant suite à un Of Skins And Heart déjà très bon, The Blurred Crusade peaufine la formule. Il n’est pas nécessairement meilleur, contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, mais il est incontestablement mieux produit, éloignant The Church du son encore sec et austère du premier album, au diapason de l’époque post-punk, et les rapprochant d’une musique plus luxuriante et plus typiquement eighties, caractéristique aussi de cette période où la new-wave redécouvre le psychédélisme des années 60 et s’emploie à se le concilier.

La présence des deux styles se manifeste dès les premières plages. Il y a d’abord cet « Almost With You » où s’affirment les guitares carillonnantes de Peter Koppes et de Martin Willson-Piper, des guitares très The Byrds promptes aux solos, ici comme ailleurs sur l’album, et flirtant parfois avec un son rock FM (« An Interlude »). Mais en contrepoint, il y a aussi le dur et frénétique « When You Were Mine », dont l’intro n’aurait pas dépareillé chez Joy Division.

Ces titres sont les plus saillants de The Blurred Crusade, mais ils n’en sont pas les seuls temps forts. Avec ses synthés atmosphériques, son tempo lent, ses guitares scintillantes et Willson-Piper au chant, « Field Of Mars » en est un autre, de même que cet « A Fire Burns » à l’amorce teigneuse, et l’épique « You Took ». Et si le reste de l’album n’est pas toujours aussi bon, on n’y trouve rien de faible. Dès 1982 il est déjà légitime de célébrer ces Australiens.

PS: la pochette ci-dessus est l’originale, et non celle, toute noire, de la réédition de 2010.

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