SLUMPLORDZ – Present SunnMoonSekt

SLUMPLORDZ – Present SunnMoonSekt

Sorti en 1999,
chez Math Sound Workshop.

Réédité le 20 février 2001,
chez Stray Records.

Enregistré à l’arrache sur du matériel sommaire, cet album, distribué à l’origine sous format cassette, s’est fait une petite réputation dans les tréfonds de l’underground autour de 1999, avant d’être réédité dans un package différent et distribué plus largement par Stray Records, en 2001. Ses auteurs sont Rard et Moon, alias SunnMoonSekt, deux personnages ayant appartenu à Devious Dysfonctional, un groupe basé sur la Côte Est, puis à Young & Restless, avant de devenir membres d’un collectif à géométrie variable, fondé en 1997 à Oakland, les Slumplordz.

Ceux qui ont découvert Stray Records à travers la compilation Stray From The Pack (2000) ne sont pas étonnés d’entendre chez le duo SunnMoonSekt un son dur, atypique et porté sur les expérimentations. Pour autant, pas d’escapades drum’n’bass sur ce disque, comme ailleurs sur ce label. La production, moyens limités obligent, est rêche et minimaliste. Quant aux beats, ils sont austères et oppressants, dans l’esprit du rap indé de science-fiction de l’époque, mais sans le boursouflage ni les effets superflus. Ceux-là colleraient d’ailleurs très mal aux paroles des rappeurs, assez conventionnelles, dans le registre du street rap à tendance paranoïaque.

Et tout cela est très bon ; exceptionnel même, digne de tous les superlatifs. SunnMoonSekt propose une synthèse entre la virulence du style gangsta rap et la créativité du hip-hop alternatif. Passée une intro humoristique où un quidam réclame du « SunnMoonSekt » à un restaurant asiatique, le duo embraye avec un « Area 33rd » très atmosphérique et un « Raw Apparatus » insistant. C’est alors très bien, mais encore un peu trop normal. Ce n’est en fait qu’à partir d’un génial « Do Tha Sunn Moon » ultra minimaliste, que nous partons plus haut, de plus en plus haut. Jusqu’aux sommets décharnés, sublimes et vertigineux que sont « Town Shit », l’invitation à l’action de « Order Of Assassins » et surtout « DethBlow », trois titres agressifs et hypnotiques.

Les plages suivantes nous ramènent sur des terres un peu plus mornes et attendues, mais l’album se termine idéalement, avec un obsédant « Twisted Metal Rejekts » étiré sur un fond musical d’une noirceur sans fin, dernière perle de hip-hop électronique violent et sale qui, comme les autres, nous rappelle que produire de la bonne musique n’est pas qu’une simple question de moyens, et qu’il n’a jamais été nécessaire de brosser l’auditeur dans le sens du poil pour le satisfaire.

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