SANDPEOPLE – Honest Racket

SANDPEOPLE – Honest Racket

Sorti le 17 septembre 2007,
chez Sandpeople Music.

Dans le genre Wu-Tang Clan du Nord-Ouest américain, dans la série des collectifs à rallonge multipliant à n’en plus finir projets communs et albums solo, on connait bien Oldominion. Cependant, ces derniers ne sont pas les seuls à s’agiter dans ce coin des Etats-Unis. Basés à Portland, se trouvent également leurs collaborateurs occasionnels de Sandpeople, lesquels n’ont pas grand-chose à leur envier en matière de rap inventif et prolifique. Aussi, comme pour la bande à Onry Ozzborn, n’est-il pas toujours aisé de se repérer dans l’abondante discographie de cet autre groupe, même si cet Honest Racket, enregistré vers 2007, est un bon point d’entrée.

Avec ces seize titres enregistrés par un collectif à géométrie variable comptant jusqu’à plus de dix membres, sans compter l’intervention de The Grouch des Living Legends et de Sean Price du Boot Camp Clik (deux autres groupes à tiroirs…), on pouvait s’attendre à quelque chose d’assez inégal et éclectique. Cependant, les deux beatmakers, Sapient et Simple, se sont assez arrachés et coordonnés pour que le tout ressemble à un vrai album, pour que cela soit solide et consistant.

Honest Racket leur doit beaucoup. Sapient et Simple apprécient les beats héroïques (« Industrial Grade », « All In Your Head », « Air We Breathe »), forcent sur les cordes (« Real Estate ») et jouent d’un piano entraînant (« Lose It »). Ils aiment les ambiances gothiques (« Sandman ») et les guitares mélancoliques (« I Don’t Care »). Et ils déploient tout cela avec science et talent. Seuls sont problématiques les instrus poussives de « Group Home » et de « Just A Name », le piano de « It’s True », les lalas de « Leave It Alone », et la boucle d’orgue facile de « Not Alright ».

Côtés rappeurs, dans l’ensemble, ça assure aussi. Entré tardivement dans le groupe, iLLmacuLate, vainqueur du Scribble Jam 2004, lui apporte ce qu’il faut de hargne. Et les autres ne sont pas ridicules non plus. C’est bien sûr un esprit battle qui domine, avec ce rap qui ego-trippe, qui disse, qui représente, ce dès « The Count », et qui joue de thèmes imposés, comme celui de l’immobilier sur « Real Estate ». Mais il y a aussi des sujets plus personnels, galères de l’artiste amateur (« Lose It »), retour amer sur un amour perdu (« I Don’t Care »), confession (« Not Alright »).

On philosophe aussi, sur la religion, la fuite du temps, l’oubli et la marche du monde, au cours de ces temps forts que sont « Any Given Sunday » et « Forget ». On chante enfin, sur le conte final « Synthetique Princess », une histoire joliment naïve d’amour virtuel ou synthétique. On fait tout ça, car Honest Racket est un disque complet, varié, riche, qui sent l’intelligence et le talent.

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