MEEK MILL – Dreams & Nightmares

MEEK MILL – Dreams & Nightmares

Sorti le 30 octobre 2012,
chez Maybach Music Group et Warner Bros. Records.

Meek Mill, de son vrai nom Robert Williams, se manifeste bien avant de sortir son premier album. Ses premières traces remontent à 2006, et rapidement, il attire l’attention des majors. Mais comme souvent dans le rap, des déboires judiciaires entravent sa carrière. Ce n’est donc qu’au début des années 2010, une fois affilié à Maybach Music, que le rappeur de Philadelphie sort enfin un album officiel, Dreams & Nightmares, avec les invités de circonstance, les vieilles gloires Nas et Mary J. Blige, et Drake, tous chargés de l’introniser et de le faire entrer dans la cour des grands.

Pour qui compare cet album aux mixtapes qui ont fait monter le buzz, les deux Dreamchaser, le diagnostic est attendu : en format officiel, le rappeur perd en aspérité ce qu’il gagne en professionnalisme. Ce n’est pas la faute des titres sirupeux pleins de R&B frelaté, ce passage obligé pour tout rappeur assoiffé de succès. Car si « Maybach Curtains », avec Nas et Rick Ross, force la dose avec son saxophone complaisant et le chant de John Legend, si « Lay Up » est assez moche, « Who Your Around », avec Mary J. Blige, s’en tire bien, de même que « Traumatized », quand Meek Mill s’adresse à cœur ouvert au type qui a pourri sa vie en assassinant son père.

L’album recèle des bangers qui décuplent l’impact que Meek Mill avait déjà sur les Dreamchaser, et ce d’emblée, avec ce « In God We Trust » gothique, pompeux et possédé, soutenu par un orgue minimaliste et sépulcral. Et puis, en toute fin, avec un « Real N***** Come First » tout aussi imposant. Mais « Young Kings », à l’inverse, se montre anodin, et « Believe It », avec Rick Ross, est une célébration de l’argent plutôt routinière pour Maybach Music Group. Quant à ce « Young & Gettin’ It », où Meek Mill s’essaie maladroitement à l’Auto-Tune, il est tout bonnement infâme.

Il y a donc à boire et à manger sur cet album, autant avec les titres qui cognent qu’avec ceux qui caressent. Les meilleurs moments, en fait, se trouvent souvent entre ces deux extrêmes. C’est le cas de la collaboration avec Drake, un « Amen » plus profane que son intitulé ne le laisse croire, et qui était déjà un des grands temps forts de Dreamchaser 2. C’est le cas aussi de « Polo & Shell Tops », sur un piano, qui nous parle des amitiés difficiles et ambigues en milieu délinquant. Ce sont ces quelques titres qui font pencher la balance du bon côté, et de Dreams & Nightmares l’exemple même d’un album à vocation « commerciale » plutôt, voire franchement, satisfaisant.

Acheter cet album

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *