MARTHA AND THE MUFFINS – Metro Music

MARTHA AND THE MUFFINS – Metro Music

Sorti le 15 février 1980,
chez DinDisc et Virgin Records.

Une guitare trépidante venue du punk, un rythme métronomique, un solo de saxophone, un synthétiseur suivi d’un orgue en arrière-plan, une alternance parfaite entre couplets et refrain, l’évocation d’un bonheur simple et fugace, celui de se retrouver seule sur une plage après une journée de travail et d’ennui. En 1980, en un tube, le seul en dehors de leur Canada natal, Mark Gane, Martha Johnson et leurs compères délivrent le single new-wave parfait, un titre qui, fort d’un formidable succès international, servira de modèle pour les singles des dix années à venir.

Mais commencer une carrière par un tel tour de force peut s’avérer, parfois, une malédiction. Et aujourd’hui, à ceux qui ne se souviennent que de « Echo Beach », s’en opposent d’autres qui souhaiteraient rappeler que Martha & the Muffins a été davantage que le groupe d’un seul hit. Leur carrière s’est poursuivie jusque dans les années 90 avec d’autres disques remarquables, dont les plus ambitieux et sophistiqués This Is The Ice Age et Danseparc, produits par un Daniel Lanois alors inconnu, et dont la sœur, Jocelyne, a alors rejoint le groupe. Et Metro Music, le premier album, offre lui-même autre chose à se mettre sous la dent que le seul « Echo Beach ».

Au-delà de son morceau phare, Metro Music est le modèle de toute une pop 80’s simple mais racée, universelle car ancrée dans les soucis du quotidien, à rebours de l’idéalisme hippy. Il y est question d’amours incompris (« Paint By Number Heart »), de choix de vie ardus (« Indecision »), de désillusions (« Revenge »), de foules solitaires (« Terminal Twilight »), d’existences grisâtres (« Monotone », « Sinking Land) » et, comme sur « Echo Beach », de la volonté d’échapper à une vie morne (« Saigon »), avec en sus un peu d’humour et de fantaisie (« Cheesies And Gum »).

Il y a d’autres tubes potentiels sur Metro Music. Mais ces titres, qu’ils soient interprétés par l’une ou l’autre des Martha, Johnson ou Ladly (il y a en effet deux Martha aux débuts des Muffins…), déclinent plus ou moins la formule déjà à l’œuvre sur « Echo Beach ». Ils en sont les petits frères, à quelques variantes près : une guitare plus ou moins mordante, un solo d’orgue plutôt que de saxophone, des handclaps sur « Indecision », un tempo ralenti sur « Sinking Land ». Car de fait, le grand public n’a pas toujours tort : Martha & The Muffins n’est pas le groupe d’un seul titre, mais il n’égalera plus jamais « Echo Beach » en termes d’efficacité, de concision et d’évidence mélodique.

Avez-vous aimé cet article ? 

Cliquez sur une étoile pour l’évaluer.

Note moyenne 0 / 5.  Nombre de votes :  0

 Pas encore de votes. Donnez la première note.

 Comme vous avez aimé cet article…

 Suivez‑nous sur les réseaux sociaux ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *