ERLEND ØYE – Unrest
Sorti le 10 février 2003,
chez Source Records.
Issu des pop-folkeux de Kings of Convenience, auteurs avec Quiet Is The New Loud d’un des meilleurs albums des deux ou trois années passées, Erlend Øye a décidé il y a quelques temps d’entreprendre un tour d’Europe (avec un petit crochet par l’Amérique) à la recherche de musiciens électroniques capables d’habiller ses chansons. A l’origine de la démarche : un regret de voir ce songwriting qui lui est cher souvent absent des oeuvres pondues par les prodiges des machines.
Le résultat de cette quête trans-européenne n’est pas un vrai disque d’électronique. Et la plupart des compositions qui accompagnent le Norvégien n’ont rien d’exceptionnel. Surannées, souvent un peu rétro, à la mode de l’electro-pop des années 80 (écoutez le rigolo « The Athlete » et son refrain en français dans le texte pour juger sur pièce), elles peuvent même être irritantes, en plusieurs endroits. Unrest est à appréhender avant toute chose comme le joli disque récréatif et marginal d’un bon chanteur. Seuls quelques titres épars, « Like Gold » avec Schneider TM ou « Symptom Of Disease » avec Mr. Velcro Fastener par exemple, valent vraiment le détour.
Et nous dans tout ça, vous demandez-vous ? Pourquoi parler d’un artiste aussi peu hip-hop que lui et plutôt bien couvert par d’autres médias ? Eh bien, la réponse est sur la plage 5. Erlend Øye y est accompagné par un Prefuse 73 relocalisé à Barcelone (non, monsieur l’auteur d’une chronique lue quelque part, Scott Herren n’est pas un DJ barcelonais). C’est bien simple (et vous pouvez d’autant mieux le croire que ce n’est pas un grand fan de Prefuse 73 qui vous le dit) : « Every Party Has A Winner And A Loser » et ses claquements de mains est de loin le titre le plus réussi de l’album.