SIXTOO – Antagonist Survival Kit

SIXTOO – Antagonist Survival Kit

Sorti en avril 2003,
chez Vertical Form.

Il y a seulement quelques années, quand le rap pouvait encore être considéré comme un genre jeune, la plupart des classiques du genre étaient des premiers albums. Seuls les plus grands (Public Enemy, A Tribe Called Quest, Gangstarr) pouvaient se vanter de s’être affinés avec le temps. Et encore, la période de grâce dépassait rarement deux ou trois albums. Depuis le genre a grandi. Pour le pire (le rap conscient rasoir et la nu soul flasque conçus pour un public vieillissant), mais aussi pour le meilleur : il existe désormais dans le rap une poignée d’artistes dont chaque nouvel album est attendu avec la quasi certitude qu’il sera bon. Sixtoo est de ceux-là.

Après Metaforensic, Anticon et Cease & Desist, Sixtoo est accueilli cette fois sur le label Vertical Form, ce qui confirme, outre l’intérêt croissant d’une partie de la scène électronique pour ce type de hip-hop audacieux, que les artistes d’Halifax sont en train de sortir de l’ornière. Comme pour mieux respecter cette dualité rap / électronique que marque encore davantage l’arrivée sur ce label, Sixtoo a séparé Antagonist Survival Kit en deux parties de longueurs à peu près égales.

D’abord une série de titres rappés parmi lesquels se distinguent le tube potentiel « A To Zero », le somptueux « Outremont Mainline Run Across The Sunset » déjà sorti en maxi et le plus soutenu « Daggers Of All Corners ». Puis, passé un sombre « Funny Sticks » plus en retrait, vient le temps d’instrumentaux tout aussi irréprochables, qui sont bien sûr bien plus qu’une boucle lâchée en roue libre et dont le morceau le plus long et riche s’intitule « The Mile End Artbike / Suicide Manual ».

Quelques mois seulement après la signature de son ancien comparse Buck 65 chez Warner et la sortie de SquareAntagonist Survival Kit confirme que les Sebutones, ensemble ou séparément, sont intouchables. Un Sixtoo ou un Buck 65, c’est du luxe, c’est acquis, c’est définitif. Ca s’attend chaque année comme un grand vin. Certains crus sont meilleurs que d’autres, mais tous se dégustent avec délectation. Et en toute logique, on devrait se souvenir de ce Sixtoo cuvée 2003.

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