100 des meilleurs albums rap des années 2010
Saucissonner la musique en décennies est absurde, cela n’a pas de sens. Il n’y a pas d’épisodes isolés. Son histoire n’a pas de début, pas de fin. Elle n’est qu’un continuum, parcouru de multiples voies, des autoroutes ou des chemins de traverse, qui se croisent et s’entrecroisent. Et pourtant, quand on jette un regard en arrière vers le rap des années 2010 à 2019, on devine comme un récit.
Cette décennie, qui a commencé dans le bruit et la fureur d’une trap music à la mode de Waka Flocka, Lex Luger et « B.M.F. », s’est achevée avec une cohorte de rappeurs dépressifs et fatigués, qui ont abandonné leurs voix tonitruantes et leur musique clinquante au profit de chantonnements, de marmonnements et de susurrements. C’est comme si le rap était passé de la fête généralisée à la gueule de bois, comme s’il payait le contrecoup des drogues qui, un temps, l’avait euphorisé.
Même dans le rap français, s’observe cette évolution, quand on compare les coups de canonnières de Kaaris aux pleurnicheries de PNL, quand on constate son changement de statut, de genre infréquentable porté par les métèques de la nation, à celui de nouvelle variété où même ton grand-père y trouve son compte. Car tel est bien ce qui est arrivé au rap, quel que soit le pays. Logiquement, mécaniquement, sa domination croissante est allée de pair avec sa normalisation.
Pour le pire, le succès et l’affadissement allant souvent de pair. Mais aussi pour le meilleur, car tout a été rap dans les années 2010. Tout le monde ou presque, quels que soient ses goûts, ses aspirations et son bagage, y a trouvé à manger. Cette quasi hégémonie a abouti à une incroyable diversité, dont la sélection ci-dessous, toute personnelle et orientée soit-elle, rendra compte.
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