JAGA JAZZIST – A Livingroom Hush
Sorti en mars 2001,
chez Warner Music Norway.
Sorti chez Ninja Tune, pour l’édition internationale.
Attention au mélange des genres. Le jazz, ça se manie avec précaution, ça ne se met pas forcément à toutes les sauces. Depuis les horreurs du jazz rock (oui, je sais monsieur le réhabilitionniste fou, il y a aussi de très bons disques jazz rock), on ne compte plus les abominables choucroutes musicales nées de cette bonne intention : marier les musiques « populaires », « de jeune », « branchées », au jazz. Ce genre d’alliance pourrait même être une cause à la réputation de musique chiante dont le jazz ne s’est pas complètement défait.
Sauf que, outre un certain hip-hop à l’aise avec le genre (c’est normal, le petit-fils connaît bien son grand-père), certains pans de la musique électronique ont fini par bien accommoder le jazz. Un exemple est Cinematic Orchestra, auquel il faut ajouter leurs compagnons de label Jaga Jazzist.
Large collectif descendu de Norvège, Jaga Jazzist ont un atout dans leur manche : ils ont éprouvé leur formule sur scène. Ceux qui les ont vu aux dernières Transmusicales de Rennes, et notamment les rédacteurs que nous y avons envoyés, ont eu l’occasion de juger sur pièce. Tout cela se ressent sur disque. Dès le premier titre entraînant à souhait, sorte de jazz instrumental speedé à la jungle, l’auditeur est plongé dans une forêt d’instruments les plus variés (saxo, batterie, percussion, orgue, guitare, cuivres, machines), enchaînés et superposés à une vitesse vertigineuse.
Malgré des plages plus douces et moins folles, l’ensemble de l’album A Livingroom Hush se nourrit continûment de cet orchestre foisonnant. Bien sûr, ça ne fait pas mouche à tous les coups. Pas forcément. Mais il y a sur cet album assez de compromis entre les ambiances live éprouvées par le groupe et toutes les possibilités offertes par des machines pour légitimer un détour par Jaga Jazzist. Ecoutez « Lithuania » par exemple, juste comme ça, et vous comprendrez aussitôt.