MESTIZO – LifeLikeMovie
Sorti le 18 mai 2004,
chez Galapagos4.
Peut-être a-t-on enterré ce label trop tôt. Depuis quelques temps, après une poignée de premiers albums recommandables signés Offwhyte, Qwel, DJ Whitelightning et Netherworlds, Galapagos4 pédale dans la choucroute, son principal faire-valoir, insuffisant, étant d’être l’inverse d’un rap « bling-bling » et rutilant ingénuement diabolisé. Mais ce premier album du rappeur Mestizo, produit par tout ce que le label compte de beatmakers, redresse vivement la barre.
Oh certes, ce LifeLikeMovie est parfaitement à sa place sur le label chicagoan, avec son rap grave qui appelle tous les frères, c’est écrit sur la pochette, à l’action, au changement positif, au contrôle de sa destinée, à voler librement à travers les cieux… Et certains titres, au début, ne sont pas franchement folichons. Mais petit à petit, avec « Eyes See Through You » ou un « Glass Box » à guitare, l’album monte un cran ou deux au-dessus, par exemple, du dernier disque de Robust.
Ses galons, ce disque les gagne encore mieux dans sa seconde partie, avec, entre autres, l’enthousiasmant « Karma Call You Home » final, mi-rappé par Mestizo, mi-chanté par Golda Supanova, et avec les titres produits par le toujours impeccable Maker (« When The Camera’s Off », « Circle Mountain » et le splendide « Knights Seppuku »), lequel se montre décidément le producteur le plus palpitant de l’archipel Galapagos4. En bout de course, tout cela suffit à faire de LifeLikeMovie le premier must-have sorti depuis un moment sur ce label clé de l’underground.