8BALL & MJG – On Top Of The World

8BALL & MJG – On Top Of The World

Sorti le 31 octobre 1995,
chez Suave House Records et Relativity Records.

Avant eux, il y a déjà eu des rappeurs sudistes notables. Mais c’est vraiment avec Eightball & MJG, à égalité avec Outkast, Goodie Mob et quelques autres, qu’un son rap distinctif apparaît pour de bon dans les anciens états confédérés. C’est avec eux que démarre vraiment la grande histoire de ce Dirty South qui va conquérir durablement la planète hip-hop, à partir notamment de cet On Top Of The World qui est l’album de la révélation, et le premier disque d’or du duo.

La formule de ces deux rappeurs aux physiques mémorables, l’un obèse, l’autre longiligne, n’est pas née spontanément de leur Tennessee natal. La présence de Big Mike sur le posse cut « Friend Or Foe » souligne les liens entretenus avec les cousins de Houston. Et celle d’E-40 et de Mac Mall sur le même titre montre que le duo a le regard tourné vers l’Ouest. Sur ce disque les sons sont ceux, paisibles, relax et chaleureux, de la Californie. Ce n’est que plus tard sur In Our Lifetime, Vol. 1, un autre classique, que le duo s’orientera plus résolument vers une soul funk généreuse inspirée par Stax, le grand label de leur bonne ville de Memphis (même si cela les démange déjà sur de très organiques « Funk Mission », « Kick Da Shit », « All In My Mind », ou « Space Age Pimpin' »).

Le même jugement vaut pour les thèmes. Eightball & MJG évoluent ici dans une veine gangsta, « Funk Mission » traitant des difficultés à concilier amitiés et vie criminelle, « Hand Of The Devil » d’actions répréhensibles inspirées par le diable et « In The Line Of Duty » de policiers hostiles. Mais là aussi, Eightball & MJG cuisinent cette recette à la mode de Memphis, y ajoutant un thème très présent dans l’imaginaire local, celui du maquereau, du pimp machiste, dominateur et flamboyant, sur des « Pimp In My Own Rhyme » et « Space Age Pimpin' » éloquents.

Comme d’autres albums du duo, et malgré des « What Do You See » et « Break’em Off » soutenus, et un « Comin’ Up » orientalisant et magnifique, celui-ci souffre de sa longueur excessive, du remplissage que cela induit et d’un rythme excessivement lent. Trois raisons pour lesquelles Eightball & MJG, influents, reconnus, respectés et raisonnablement vendeurs, n’auront, contrairement à certains autres pionniers du Sud, jamais pleinement atteint le statut de superstars.

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