JOHN SMITH – Pinky’s Laundromat
Sorti en mai 2004,
chez Peanuts & Corn.
Vous n’avez jamais entendu parler de ce rappeur. Cependant, pour une poignée de gens, le nouvel album de John Smith était le plus attendu de l’année. Pour tout un tas de raisons. Parce qu’il est le successeur de Blunderbus et que celui-ci est l’un des meilleurs albums rap de ces dernières années. Parce que les sorties de Park-Like Setting et de Hip Hop Wieners, ses deux groupes, ont aussi valu le détour. Parce que contrairement à son prédécesseur, ce disque est concocté exclusivement par la paire Smith / Mcenroe, et que ce dernier affiche une forme olympique. Après un grand Disenfranchised, en effet, notre producteur et patron de label préféré a été jusqu’à rendre attachant le Funny Farm de Pipi Skid, pourtant pas le plus exaltant des rappeurs Peanuts & Corn.
Pinky’s Laundromat est un album concept. Depuis une laverie automatique des mauvais quartiers de Winnipeg, John Smith, alias Smitty, nous brosse un portrait social de la lower middle class nord-américaine, des urbains précaires, des petits escrocs, des minables, de leurs gros états d’âme et de leurs petites joies. Et tout est bien, tout est juste, tout se suit même avec facilité pour une oreille française. Et puis, bien sûr, il y a la production de Mcenroe. Celui-ci, c’était joué d’avance, nous gratifie de quelques perles comme la basse et les notes orientales de « Taxicab Confessions », les cordes de « Kinship Of The Down And Out » ou encore le superbe « Bible Belt Babylon ».
A cause de quelques passages à vide et de beats en demi-teinte (« Iron Chef »), cette nouvelle sortie se montre toutefois moins bonne et accessible que Disenfranchised. Moins bonne, aussi, que Blunderbus. Mais Pinky’s Laundromat reste un disque Peanuts & Corn. C’est un album, un véritable, un solide, pas toujours extatique, mais cohérent, de bout en bout. Un comme seul ce label, le petit prodige qui le dirige et les rappeurs qui s’y agitent semblent savoir les concocter.