LIGHTHEADED – Pure Thoughts
Sorti en 2002,
chez Day By Day Entertainment.
Certains disques de rap doivent tout à leur MC. Ecoutez un classique comme Overcast! par exemple. Ca n’est sûrement pas les instrus grossières et pompières de Ant qui ont fait son succès (artistique). Ca n’est pas non plus les rap de Spawn, simple contrepoint. Non, c’est Slug tout seul, c’est sa voix, c’est son phrasé, ce sont de multiples détails dans son rap qui font mouche, quand bien même on reste parfaitement insensible à la confession façon « je l’admire tant mon papa ».
Pour Braille, les choses sont différentes. Retirez lui sa dream team de beatmakers (Sixtoo, Moodswing9 et les autres), remplacez-là par Muneshine, producteur canadien plus laborieux, accompagnez-le de deux autres rappeurs aussi bigots que lui (du genre à dédicacer un album à « Yeshua the Messiah ») et il ne reste plus grand-chose du très bon Lifefirst: Half The Battle.
Pure Thoughts est le nom de l’album, Light Headed celui du groupe, Ohmega Watts (par ailleurs membre comme Braille de Acts:29) et Othello ceux des deux autres rappeurs, et le tout se caractérise par… quels mots différents pourrais-je bien inventer pour décrire une fois encore ce genre de chose… Un rap à scansion métronomique calé pile comme il faut sur les 90 bpm (sans private joke) académiques et émaillé d’interjections type « I rip the mike », « we keep it moving » & co. Des sons soul/black music/machin tout ce qu’il y a de rabâché. Enfin voilà quoi…
Pure Thoughts n’est pas le pire représentant de ce hip-hop engoncé dans ses formules. Même laborieux, l’album abrite des plages plaisantes, du fait des instrus de Muneshine d’ailleurs, plutôt que des ennuyeux rappeurs : « P. T. Cruise », « Blink of an Eye » (j’ai toujours eu un faible pour les « ha ha » langoureux), « That’s How It Is » (avec un brin de rap rapide), « Never Square » (idéal pour hocher la tête et balancer légèrement les épaules) et « The Top » (« comment c’est-y qu’on fait pour arriver au sommet », sur une instru très smooth), le titre le plus notable de l’album.
Mais cela ne suffit pas à faire de Pure Thoughts un disque mémorable. L’intérêt principal de Lightheaded, in fine, est de prouver, s’il en était besoin, que la qualité de Lifefirst reposait davantage sur sa prestigieuse assemblée de producteurs que sur les bondieuseries de Braille.