KEY GLOCK – Glockaveli
Sorti le 2 mai 2025,
chez Paper Route Empire et Republic Records.
Distribué par Republic Records, une division de Universal, le dernier album de Key Glock est son premier pour une major. C’est une affaire sérieuse, donc. Et comme parfois, quand un rappeur vise les sommets, celui-ci se place sous le tutelage de 2Pac. Glockaveli, s’intitule en effet cette sortie, The Don, sa réédition enrichie, et All Eyez On Key, une version double. La pochette reprend l’imagerie christique de The Don Killuminati: The 7 Day Theory. Et sa sortie, largement repoussée, avait d’abord été prévue le 13 septembre 2024, date anniversaire de la mort de la légende.
En dehors de ces références ambitieuses à 2Pac, cependant, aucun cap a été franchi. Glockaveli, c’est la même recette que d’habitude. Seule caractéristique notable, l’absence de BandPlay, le producteur maison de Paper Route Empire, remplacé par King Wonka, et plus épisodiquement par les notoriétés Tay Keith et DJ Paul. Et puis aussi quelques samples faciles, celui du « Hallelujah » de Leonard Cohen, sur le morceau du même nom, celui du « Sunny » de Bobby Hebb sur « Sunny Dayz », et sur « Blue Devil » celui du « Tell Me Why Our Love Has Turned Cold » de Willy Hutch. Ce dernier évoque tout de suite le grand tube de la Three 6 Mafia, « Stay Fly ». Il concourt aussi, avec quelques autres venus des répertoires de Curtis Mayfield et d’Erykah Badu, à ancrer la trap music de l’auteur dans sa bonne ville de Memphis, à travers une saveur particulièrement soul.
Ce sont les seuls éléments notables. Pour le reste, rien n’a changé chez Glizock. Il faut attendre de lui peu de variations et de compromis. Pas d’invité non plus, sur Glockaveli. Sur de grosses basses, avec des beats tranquilles mais de qualité (« Glockaveli », « No Sweat », « The Grinch », « Sunny Dayz », « Papercutz », ce suave « World Is Ourz » aux faux-airs californiens, sont tous admirables), le rappeur continue de dérouler son éthique de malfrat qui bosse dur, qui place l’argent au-dessus du plaisir et qui ne sort jamais de sa route, celle tracée autrefois par le patron :
I’ma go and get the money,
Just like Dolph told me to.
Je vais aller chercher l’argent,
Tout comme Dolph m’a dit de faire.
Dont acte. Après la réussite qu’a été Glockoma 2, son dernier album avant celui-ci, Key Glock démontre avec Glockaveli qu’il a su chausser les grandes bottes de Young Dolph. Qu’il peut offrir à son label, Paper Route Empire, une décennie de plus aux avant-postes du rap qui compte.