TRAPMAT SAVIOR & NICHOLAS CRAVEN – Scottie Trippin

TRAPMAT SAVIOR & NICHOLAS CRAVEN – Scottie Trippin

Sorti le 20 février 2026,
chez KNOCKOUT MGMT et Nicholas Craven Productions.

Depuis plusieurs années déjà, Nicholas Craven s’est imposé comme un producteur clé du style drumless. C’est par ses collaborations très bien reçues avec Boldy James, le rappeur de Detroit, notamment la première, Fair Exchange No Robbery, qu’il a le plus fait parler de lui. Mais on l’a vu sortir aussi de nombreux projets avec Tha God Fahim et Ransom, et côtoyer tous les gens plus ou moins apparentés à cette tendance, Mach-Hommy, Billy Woods et Conway par exemple, ou encore Your Old Droog, et bien d’autres. En 2022, on l’a même vu collaborer avec Akhenaton. Toutefois, le natif de Gatineau, dans le Québec, n’oublie pas la scène d’où il est originaire, celle de Montréal.

En 2024 déjà, avec Mike Shabb, il sort 1st Coming, un album avec Mathis Jadotte, alias Trapmat Savior, un rappeur originaire de Port-au-Prince mais basé dans la même ville, auteur avant cela de EPs confidentiels. Et cette année, il récidive, avec Scottie Trippin. Ici, quand il parle de son grind, de hustle (et parfois des filles) avec son humour l’air de rien, quand il prend un ton défait et une voix lancinante, et qu’il déclame son rap douloureux sur un mode léthargique, Trapmat Savior affirme son style. Cependant, l’argument massue, c’est en réalité Nicholas Craven qui l’apporte.

Que, conformément aux enseignements de son modèle Roc Marciano, les morceaux du Montréalais se dispensent de percussions (le « Last Night Soda » d’ouverture), ou bien, le plus souvent, que résonne un boom bap lent (l’interlude « Cherry Garcia »), la production est de qualité. Qu’il mise sur les compositions synthétiques (« Grin », « Bittersweet Taste »), sur une voix féminine samplée (« Close Enough ») ou sur la chaleur d’un orgue (« Scouts »), qu’il nous délivre un vieux jazz rap (« Bitch », avec un retour de Mike Shabb), qu’il joue d’adroites dissonances (« Space Jam ») ou qu’il nous trouve un piano triste à pleurer (« Otis »), cet ardent défenseur de la belle boucle qu’est Nicholas Craven réalise, avec son local de l’étape, l’un de ses meilleurs travaux.

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