ANIMAL FACTORY – Flashdance EP
Sorti en 2003.
Roméo Buscemi, la tête de proue du groupe Animal Factory, est un (jeune) homme occupé. Tout à la fois disquaire en ligne, patron de label et instigateur de compilations, il mène rondement chacune de ses nombreuses activités. Reste une dernière casquette, plus problématique, celle de rappeur. Car il faut bien avouer que son groupe, autrefois connu sous une autre configuration sous le nom de LSD, n’a pas toujours soulevé les foules. Loin s’en faut.
Adeptes d’un rap tranchant qui a rencontré Necro et les Living Legends, les quatre membres d’Animal Factory (Buscemi, son frère Cobalt, Daddy F et Karlo Gambino) ne renient néanmoins rien du rap racaille de leur origine. Ils ne s’embarrassent ni de chichis ni de scrupules musicaux, et ils le prouvent à grands renforts de lyrics très explicites et de samples tout aussi euh… évidents.
Le Flashdance EP, première sortie d’Animal Factory, ne fera pas du quartet l’objet de la hype et le chouchou des médias. Mais tout de même, il faut être franchement buté pour ne pas remarquer une évolution depuis le temps où Buscemi et sa bande samplaient honteusement La Moldau, notamment sur la fin du EP. Et pour ne pas goûter, serait-ce avec mauvaise conscience, à des phases façon :
Du rap qualité filtre comme un Jacques Vabre.
Tu grappes ton cash comme Tabatha.
LSD c’est du mauvais goût,
Comme un duo post-mortem entre 2Pac et Biggie
Ou une orgie infâme dans la villa de Johnny.
Si le vieux proverbe « le punk, c’est le plus court chemin entre le message et la façon de le transmettre » est toujours de mise, alors nul doute, Animal Factory figure parmi les plus punks des groupes de rap français.
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