A-WAX – Everybody Loves Me Chapter 2

A-WAX – Everybody Loves Me Chapter 2

Sorti le 13 janvier 2015,
chez Illburn Records et Pie-Rx Records.

Depuis quelques temps, un rappeur marche sur l’eau et personne ne le remarque, si ce n’est quelques médias spécialisés, notamment ici en France. En activité depuis quinze ans sur la prolifique scène rap de la Baie de San Francisco, ayant déjà à son actif une discographie honorable, A-Wax enfile perle sur perle. Il est l’auteur d’une grande mixtape de 2013, Jesus Malverde. Il a proposé en 2014 ce qui pourrait être l’album de l’année, Pullin’ Strings. Et il récidive cet été avec EverLasting Money. Aaron Doppie, de son vrai nom, est si inspiré que même sur un projet annexe comme Everybody Loves Me Chapter 2, il ne peut s’empêcher d’être bon.

Présenté comme la suite d’un projet datant de 2012, ce second chapitre a tout d’une mixtape. Il n’a rien de la consistance ni de la finition de Pullin’ Strings. Alors que ce dernier ne comptait aucun invité, plusieurs participent à cette sortie, à peu près tous méconnus au-dehors de la Californie, à l’exception de la star originelle de la Bay Area Too $hort, de Smigg Dirtee et de Frenchie (le cousin de Waka Flocka). Alors que l’album précédent avait une orientation très cloud rap, et qu’il était marqué par les mélodies et par la mélancolie, Everybody Loves Me 2 se montre plus composite.

Comme sur l’album précédent, on trouve des nappes serties de guitares, par exemple sur « Dab Nabit », ainsi que des instrumentaux doux et ouatés (« Over Qualified »). Mais sur cette mixtape, on découvre également des virées dans la trap music comme « FYM », des moments R&B tels que « Stage Lights » (avec le chanteur Luke Bingham), ou encore « Work For It » (avec P. Child), et de gros synthés gothiques menaçants sur « Run Down » et « Rain », agrémentés éventuellement d’une sirène sur le très bon « Crocodile Dundee ». Il y a aussi une bizarrerie électronique avec « If I Wanna », une énième relecture du « OG Bobby Johnson » de Que avec « Stretched Out », et « Told Me », la contribution de Too $hort, qui ressemble pour partie à un vieux titre de ce dernier.

Everybody Loves Me Chapter 2, c’est aussi le retour à une formule plus irrévérencieuse et plus agressive. Il y a ici des histoires de drogue, ainsi que des envolées machistes dans la tradition de la Bay Area, dès ce « Stretched Out » qui ouvre la mixtape. Dans ce second chapitre d’Everybody Loves Me, A-Wax retrouve un certain ordinaire gangsta à la mode de la Baie de San Francisco. Mais avec ce rappeur-là, grâce à des titres de l’acabit de « Stretched Down », « Run Down », « Neva Been », « Crocodile Dundee » et « Goin’ Hard », même l’ordinaire est fait de grands moments.

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