Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

SHORTEE - The Dreamer

, 22:50 - Lien permanent

Parce qu'il a présenté le milieu des turntablists, ces scratcheurs virtuoses, ces as de la platine qui, au tournant des décennies 1990 et 2000, ont été à deux doigts de sortir de la confidentialité, Scratch, de Doug Pray, a été un film important. Ce documentaire, toutefois, laissait peu de place aux femmes. Pas par choix, ni par intention, mais simplement parce que cette scène en comptait peu. Car si certains ont pu se lamenter du statut minoritaire des rappeuses dans le hip-hop, alors que dire de ses DJettes ? S'il s'est souvent distingué par son caractère multiracial, le turntablism n'a pas toujours montré la même diversité sur le plan des sexes.

SHORTEE - The Dreamer

Lire la suite...

PIERRE-JEAN CLERAUX - New York State of Mind

, 23:17 - Lien permanent

New-York, New-York. Voici un nom qui, pendant longtemps, a été indissociable du rap. Cette ville fut son berceau, elle fut son phare. Elle est l'endroit qui a permis la naissance puis l'essor médiatique de la culture hip-hop. Même dans les années 90, alors qu'on le disait menacé par son rival californien, le rap new-yorkais demeurait en fait hégémonique. C'est lui qui vendait le plus de disques. C'est lui qui suscitait le plus d'engouement critique et public, reprenant dès 1993 l'ascendant sur le rap West Coast, le long d'un véritable âge d'or parsemé de chefs-d'œuvre. C'est de lui que viendrait une formule, le boom bap, aujourd'hui synonyme de classicisme rap.

PIERRE-JEAN CLERAUX - New York State of Mind

Lire la suite...

RICK ROSS - Port of Miami

, 22:37 - Lien permanent

Avant l'an 2000, il n'y avait qu'un Rick Ross : Ricky Donnell "Freeway Rick" Ross, un trafiquant notoire qui avait construit un empire de la drogue à Los Angeles. Mais après, il y en eut un autre, plus célèbre encore. William Leonard Roberts II, lui, était établi à Miami, et il était rappeur. Bien entendu, cette homonymie n'avait rien d'un hasard. Le second avait emprunté son surnom au premier, qui lui intentera un procès. Il l'avait fait pour appuyer son propos, pour mettre l'accent sur un thème qui ne se résumerait qu'à une chose : le commerce de la drogue et ses à-côtés supposés, le luxe et la volupté. Ce sujet serait celui de son premier single, l'énorme "Hustlin'". Il serait aussi celui de l'album à suivre, Port of Miami, un début tonitruant qui, avec l'appui de Def Jam, serait numéro un aux Etats-Unis.

RICK ROSS - Port of Miami

Lire la suite...

DJ BAKU - Dharma Dance

, 23:16 - Lien permanent

Rumi, l'excentrique rappeuse japonaise que l'on avait vantée autrefois sur ces pages, s'inscrivait naturellement dans une scène, elle n'était pas un cas isolé. Dès ses débuts, alors qu'ils n'étaient encore qu'adolescents, elle avait fait brièvement partie d'un trio appelé Hannya, un nom sous lequel, par la suite, se ferait connaître en solo l'un de ses membres, Yoshi. Le troisième larron était alors un DJ, qui cofonderait plus tard le label Pop Group Recordings, sur lequel sortiraient les albums de son amie. DJ Baku ferait aussi bien plus : à la fin des années 90, il sortirait plusieurs mixtapes, où s'illustreraient ses talents de turntablist. Un peu plus tard, il éditerait aussi un DVD, Kaikoo destiné à présenter l'underground hip-hop japonais. Et surtout, à partir de 2006, il proposerait plusieurs albums à lui.

DJ  BAKU - Dharma Dance

Lire la suite...

LIL BABY - Counted Up in the Dark

, 22:45 - Lien permanent

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué, le temps des critiques et du contenu éditorial est révolu. Même si des gens issus de la vieille génération persistent dans cette voie (ici même, par exemple), il est devenu superflu de donner son opinion sur la musique, en tout cas par un texte écrit, vu qu'il suffit de faire circuler des liens qui permettront à quiconque de juger sur pièce. La jauge de la musique, autrefois, c'étaient des amateurs éclairés ou des professionnels du journalisme musical. Aujourd'hui, ces gens ne servent plus à grand-chose. L'unité de mesure, c'est la vitesse et la fréquence avec lesquelles une vidéo ou un lien Soundcloud circulent sur les réseaux sociaux. Voilà donc pourquoi il est si difficile de se documenter sur Lil Baby. Même si, à droite, à gauche, on a vu des gens vanter son projet, Counted Up in the Dark, presque rien n'a été écrit à son sujet.

LIL BABY - Counted Up in the Dark

Lire la suite...

ARM - Dernier Empereur

, 23:09 - Lien permanent

Avec son dernier album, Arm avance pour la première fois sous son seul nom. Il ne s'agit plus, comme pour son projet précédent, d'une collaboration avec Tepr, le vieil ami d'Abstrackt Keal Agram. Et pourtant, ces deux sorties se ressemblent. Dernier Empereur est comme une suite à Psaumes, il est son second volume. Comme lui, il actualise la formule employée par Arm, usant de rythmes trap, de l'Auto-Tune et des ambiances éthérées du cloud rap. On y entend aussi, une fois encore, des tonalités plus proches des musiques électroniques que du rap, comme les nappes somptueuses de "Dernier Empereur" et de "Premiers Rayons", ou les sons virevoltants de "De Passage", ainsi qu'un goût certain pour les crescendos.

ARM - Dernier Empereur

Lire la suite...

3D NA'TEE - The Coronation

, 22:59 - Lien permanent

Les dozens est une vieille tradition afro-américaine qui remonte au temps des esclaves. Comme le travail de ces pauvres gens, condamnés à besogner dur dans les champs de coton, n'était pas des plus distrayants, ils tuaient le temps en se livrant à des concours d'insultes. Et cette pratique, c'est entendu, a survécu dans le rap. C'est à la lumière de ces racines qu'il faut saisir à quel point les outrances et les insanités de cette musique relèvent d'une logique ludique et compétitive. L'ignorer, c'est ne pas comprendre le rap, l'aborder à l'envers, et souvent, en être horrifié. C'est aussi là où elle est née, dans le Sud des Etats-Unis, que cette pratique demeure la plus vivace et la plus extrême, par exemple à La Nouvelle-Orléans, où elle a pris la forme du "rib", ou "ribbin'", une discipline grâce à laquelle Samantha James a forgé son talent, alors qu'elle n'était encore qu'une écolière.

3D NATEE - The Coronation

Lire la suite...

LIL BOOSIE - Da Beginning

, 23:48 - Lien permanent

Le nom de cette mixtape est trompeur. Da Beginning, en effet, ne marquait en rien les débuts de Lil Boosie. En 2008, année de sa sortie, Torrence Hatch avait déjà une discographie conséquente, faite d'albums solo, de collaborations avec Webbie et avec tous les artistes de la Trill Fam, et bien sûr d'une bonne poignée de mixtapes. Il était en fait, déjà, un artiste accompli, et une star à Baton Rouge, voire ailleurs dans le Sud, grâce à sa présence (aux deux sens du terme) sur toutes les scènes de la région. Da Beginning, cependant, est sortie au cœur de cette période, de 2007 à son incarcération, en 2009, où le futur Boosie Badazz était le plus étincelant, où il semblait sur le point d'exploser plus fort et plus loin.

LIL BOOSIE - Da Beginning

Lire la suite...

SOSO - Discographie Commentée

, 12:45 - Lien permanent

Nous étions en l’an 2000. C’était l’époque de la bulle Internet et l’âge d’or du rap de nerd. Dans la foulée d'Anticon, apparaissaient sur le Web toute une myriade de rappeurs blancs amateurs. La recette de base, c’était soit du rap "conscient" et intello, soit ces paroles introspectives dont Slug d’Atmosphere était devenu à son corps défendant le grand inspirateur, le tout agrémenté de beats finalement assez conformistes malgré la noirceur et les bizarreries électroniques d’usage. Pour tous ces gens, le média phare était un webzine bien sûr, et il s’appelait Hip Hop Infinity. La majorité des artistes défendus sur ses pages étaient mauvais et maladroits, ce qui ridiculisait le ton souvent professoral des articles. Mais parfois, le magazine savait dénicher tel ou tel rappeur du gouffre dont le talent l'extirpait du brouet.

Soso

Lire la suite...

03 GREEDO - Purple Summer 03: Purple Hearted Soldier

, 22:22 - Lien permanent

Un jour, Greedy Giddy décida de se renommer 03 Greedo. S'il choisit de placer cet étrange chiffre devant son nouveau pseudonyme, c'est en raison de l'âge auquel son père avait disparu, emporté par un accident de moto. Il n'avait que 30 ans, et le rappeur de Watts, alors bébé, allait donc entamer orphelin une vie qui ne lui ferait aucun cadeau : plus tard viendraient l'addiction à la drogue, des agressions à l'arme à feu (à cause de ces attaques, sa jambe manquera d'être amputée), des amis emportés par la violence, et la prison. C'est au cours de l'une de ces périodes de détention, cependant, qu'il allait décider de se sauver par le rap, avec une foi telle qu'il n'hésiterait pas à tatouer les mots "Living Legend" sur son visage. Son objectif serait d'avoir réussi sa vie, avant l'âge où s'était brisée celle de son père.

03 GREEDO - Purple Summer 03: Purple Hearted Soldier

Lire la suite...

- page 2 de 167 -