PAPERROUTE WOO – Slime Dunkin’ (Reloaded)
Sorti originellement le 25 septembre 2025,
chez Paper Route Empire.
Ressorti le 12 novembre en version « reloaded ».
Dans la belle famille Paper Route Empire, je demande PaperRoute Woo.
Il en avait peu été question jusqu’ici, et pour cause. En dehors de quelques singles, notamment « Ricky » avec feu le patron Young Dolph, et ses contributions à l’album Paper Route Illuminati mises à part, le rappeur de South Memphis n’a rien sorti de bien conséquent depuis son irruption sur les radars, au début de la décennie. L’exception, c’est Boyz In The Hood, sa collaboration avec Snupe Bandz. Cependant, en 2025, est finalement apparu son premier solo, Slime Dunkin‘ (suivi bientôt, comme le veut la règle, d’une version augmentée). Et il apporte beaucoup de satisfactions.
En tout cas, pour tous ceux qui ont accepté le principe de l’industrieux label de Memphis. Lequel est, à peu de chose près, de toujours sortir la même chose. On n’est pas là pour innover. Sur « Da Ghetto Part », l’usage samplé du « Tell Me Why Has Our Love Turned Cold » de Willie Hutch vingt ans après le « Stay Fly » de Three 6 Mafia (et quelques mois seulement après le « Blue Devil » de Key Glock), montre assez bien qu’on ne se refuse aucun vieille ficelle, pourvu qu’elle serve.
Ce que nous offre PaperRoute Woo, donc, c’est de la trap music usuelle. D’amorales leçons de vie comme sur « Rick Owens » avec ses forfanteries de types qui mènent grand train, ou sur « Get Em Off », ce vieux duo avec Dolph recyclé pour l’album. De fiers solos, mais aussi des morceaux où on avance en bande, comme ce « Playaz Circle » enregistré à Miami avec Zo Trapalot et Key Glock, en marge de la tournée de promotion de Glockaveli, le dernier (et également très réussi) album de ce dernier. Des morceaux lourds où il nous fait ressentir toute la douleur de sa vie sacerdotale de dealer (« Abracadabra »). Du porno, sur le lascif sur « Please Me ». Et puis, derrière tout ce folklore, pointe encore ce vieux Sud raciste qu’on ne finit jamais d’exorciser (« Emmett Till »).
La version « reloaded » de « Slime Dunkin' » est encore meilleure que l’originale. Elle y adjoint quelques autres bijoux, en tout début d’album, comme ce « Prime Time » qui confirme que l’alliance avec Snupe Bandz fonctionne toujours aussi bien. L’âpre et fier « Green Bay Packers », « All Three Lunches » et ce « Pop Your Shit » au piano entêtant sont d’autres réussites.
Dans la famille Paper Route Empire, je demande donc PaperRoute Woo. Car il se pourrait bien, en 2025, que cela ait été la meilleure pioche chez ce label qui ne surprend ni ne déçoit jamais.
PS : la pochette de l’édition originale est la suivante.
