Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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YOSHI OMORI - Mouvement.

, 12:52

Comme il est déjà vieux, et comme il n'a jamais été aussi prédominant, le rap français a besoin d'une histoire, d'un mythe fondateur. Et celui-ci, cet événement qui, à l'époque, à partir de 1984, pouvait paraître trivial, mais qui a acquis depuis une dimension légendaire, c'est le rassemblement régulier des premiers activistes de la culture hip-hop parisienne sur le terrain vague, aujourd'hui disparu, du boulevard de la Chapelle. Ce sont aussi, un peu plus tard, les soirées Chez Roger Boîte Funk organisées au Globo, avec le parrainage du magazine Actuel. Mêlant dans un même lieu passionnés et branchés, elles furent un exemple assez unique de mixité sociale, dont l'apothéose fut en 1988 un concert culte de Public Enemy.

YOSHI OMORI - Mouvement.

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MICHAEL SCHMELLING - Atlanta: Hip-Hop and the South

, 14:32

Pour entrer dans une musique, pour s'imprégner de l'ambiance d'une scène quand on en est géographiquement éloigné, il y a le son, bien sûr. Il y a les mots, ceux de morceaux, ceux aussi des critiques, observateurs et commentateurs de toutes sortes. Et puis il y a l'image. Mais celle-ci, qui nous parvient le plus fréquemment par l'intermédiaire des vidéos, est généralement mise en scène. Elle reflète le plus souvent les fantasmes du rappeur, ou ceux de son public, plutôt que la réalité du milieu qui l'a vu naître. Pour rendre compte de celle-ci, il ne demeure donc, principalement, que le reportage photo, ce que nous proposait ce beau livre, Atlanta, consacré à la ville qui est devenue, au XXIème siècle, la capitale du rap.

MICHAEL SCHMELLING – Atlanta: Hip-Hop and the South

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BERTRAND BOUARD - Lynyrd Skynyrd

, 22:55

C'est un style musical dont les racines s'enfoncent profondément dans le sol boueux du Sud, dans ces anciens Etats esclavagistes qui ont été la matrice de toutes les musiques afro-américaines. Cependant, c'est par des artistes issus de New-York et de Californie, ces sièges de l'industrie du diverstissement, qu'il s'est fait connaître à l'ensemble du pays. Mais le Sud, finalement, avec une décennie de retard, a su prendre sa revanche. Ses musiciens, d'abord snobés, d'abord considérés comme des attardés, l'ont emporté à force de travail, de talent et de proximité avec le public. Ils sont devenus, au bout du compte, le choix du peuple.

BERTRAND BOUARD - Lynyrd Skynyrd

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JORDAN FERGUSON - Donuts

, 22:43

Ce qu'il y a de bien (ou non, au choix), avec la collection 33 1/3, c'est qu'on ne sait jamais à l'avance quel angle l'auteur va employer pour parler de son objet. Comme il est laborieux d'écrire des dizaines de pages de commentaires sur un seul et même disque, la voie est ouverte, bien souvent, à de nombreuses digressions. L'exemple évident est le numéro le plus commenté de toute la série, celui que Carl Wilson avait consacré à Céline Dion, et qui était en fait une vaste interrogation sur le concept de mauvais goût, tout autant qu'une invitation à la tolérance. Avec ce volume écrit par Jordan Ferguson sur Donuts, le dernier album de J Dilla (et pour certains son œuvre ultime), l'approche est cependant beaucoup plus classique.

JORDAN FERGUSON - Donuts

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PIERRE-JEAN CLERAUX - New York State of Mind

, 23:17

New-York, New-York. Voici un nom qui, pendant longtemps, a été indissociable du rap. Cette ville fut son berceau, elle fut son phare. Elle est l'endroit qui a permis la naissance puis l'essor médiatique de la culture hip-hop. Même dans les années 90, alors qu'on le disait menacé par son rival californien, le rap new-yorkais demeurait en fait hégémonique. C'est lui qui vendait le plus de disques. C'est lui qui suscitait le plus d'engouement critique et public, reprenant dès 1993 l'ascendant sur le rap West Coast, le long d'un véritable âge d'or parsemé de chefs-d'œuvre. C'est de lui que viendrait une formule, le boom bap, aujourd'hui synonyme de classicisme rap.

PIERRE-JEAN CLERAUX - New York State of Mind

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KARIM HAMMOU - Une Histoire du Rap en France

, 23:20

Avec tact, Karim Hammou a intitulé son livre Une Histoire du Rap en France. "Une histoire", donc, et pas "l'histoire". Car l'auteur, chercheur au CNRS, a choisi de traiter le sujet selon un filtre particulier, un parmi d'autres : celui de sa discipline, la sociologie. D'autres que lui, par le passé, ont essayé d'analyser le rap sous le même angle, et cela n'a pas toujours été un bon souvenir. Souvent, ils ont ramené cette musique au rang de simple manifestation sociale, reléguant à l'arrière-plan sa dimension esthétique, la niant presque, avec une morgue plus ou moins consciente, et beaucoup d'ignorance. Mais les temps ont changé, et Hammou appartient à une autre génération de sociologues : celle qui a grandi avec le rap, celle qui sait en parler de façon neutre, sans malveillance, certes, mais aussi sans son contraire, cette détestable bienveillance démagogique et paternaliste.

KARIM HAMMOU - Une Histoire du Rap en France

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CARL WILSON - Let's Talk about Love

, 22:53

La critique musicale n'a jamais été qu'un prétexte pour parler d'autre chose que du sujet traité. Et cela s'applique aussi à la collection 33 1/3, qui s'échine à disséquer l'un après l'autre, sur la longueur d'un livre, les classiques de la musique populaire. Si ces ouvrages se cantonnaient à leur principe, analyser un disque dans les moindres détails, leur lecture deviendrait vite fastidieuse. Aussi parlent-ils plutôt de son auteur, de son genre musical, de son époque et de sa postérité ; ou bien, comme avec Let's Talk about Love (le volume le plus remarqué de la série, à tel point qu'il a été réédité dans une version augmentée, et traduit en français), cherchent-il à résoudre une question fondamentale. LA question, en l'occurrence, le grand mystère de la musique : pourquoi les autres ont-ils si mauvais goût ?

CARL WILSON - Let's Talk about Love

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SHEA SERRANO & BUN B - Bun B's Rap Coloring & Activity Book (Rap Coloriages & Activités)

, 23:20

Nous avons déjà parlé ici du très bon Rap Year Book de Shea Serrano, qui nous relatait l'histoire du rap à travers ses singles importants. Nous avons souligné aussi le ton très décalé de cet ouvrage, parcouru de dessins, de listes, d'apartés et de notes de bas de page saugrenus. Mais nous n'avons pas précisé que l'auteur n'en était alors pas à son coup d'essai. Quelques mois plus tôt, il avait publié quelque chose de plus extravagant encore. Contacté par Bun B pour qu'ils écrivent un ouvrage ensemble, mais à court d'inspiration, lui et le survivant d'UGK avaient finalement concocté un objet assez improbable : un cahier de coloriage rap…

SHEA SERRANO & BUN B - Bun B's Rap Coloring & Activity Book

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SHEA SERRANO - The Rap Year Book (Le Rap Book)

, 23:38

L'histoire du rap est connue, elle est documentée, elle a déjà été racontée maintes fois. Alors aujourd'hui, pour se démarquer des autres, les écrivains spécialisés doivent inventer des variations, et faire preuve de créativité. Ils peuvent privilégier un angle particulier, le business et l'argent par exemple, comme Dan Charnas avec The Big Payback. Ils peuvent faire comme Roni Sarig avec Third Coast, réviser les vieux dogmes new-yorkais en affirmant que la vraie matrice du rap se trouve au Sud. Ils peuvent aussi faire de la bande-dessinée, comme Ed Piskor avec son Hip Hop Family Tree. Ou bien, comme Shea Serrano, ils peuvent se focaliser, année après année, sur un morceau considéré comme plus important que les autres.

xx

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BETTINA GHIO - Sans Fautes de Frappe

, 17:56

En 2009, dans son ouvrage Book of Rhymes, Adam Bradley, un professeur de lettres américain, utilisait les outils de la littérature pour disséquer les techniques et les figures de style utilisées par les rappeurs. La démarche se justifiait, car le rap, en partie, est texte, et il mérite d’être comparé à tout type de poème couché sur papier. La question de sa comparaison à la littérature, cependant, ne se pose pas aux Etats-Unis de la même façon qu’en France. En Amérique, le rapport entre pop culture et culture savante n’est pas le même que chez nous. Il est moins polémique, moins passionné. On n’y trouve pas les mêmes enjeux politiques et sociaux. Aussi le sujet était-il abordé de manière relativement neutre et apaisée.

BETTINA GHIO - Sans Fautes de Frappe

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TOBIAS HANSSON & MICHAEL THORSBY - Damn Son Where Did You Find This

, 13:20

Les mixtapes, on le sait, ont permis de développer une esthétique particulière, en parallèle des sorties rap plus officielles. Tout au long de la période 2000-2015, elles ont été cet objet particulier (plus tout à fait les compilations mixées des origines, pas encore les albums de substitution d'aujourd'hui), où il était encore permis de tout faire : recyclage éhonté de morceaux existants, paroles les plus extrêmes, outrances de tous types, postures aux limites de l'absurde et du burlesque. Cette créativité s'est exprimée pleinement par la musique, bien sûr, mais également par le graphisme souvent baroque et coloré en œuvre sur les pochettes. Or, c'est précisément à celles-ci que cet ouvrage rend hommage.

TOBIAS HANSSON & MICHAEL THORSBY - Damn Son Where Did You Find This

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DJ MARS, BRIL NDIAYE, MAURICE GARLAND, TAI SAINT LOUIS - The Art Behind the Tape

, 14:52

Il était étonnant, vu la place capitale occupée par la mixtape dans l'histoire du rap, et compte-tenu de l'engouement décuplé qu'elle a connu à partir des années 2000, de constater qu'aucun ouvrage ne lui avait encore été consacré. Mais maintenant, c'est chose faite. L'an passé, a été publié Damn Son Where Did You Find This?, un beau livre consacré à sa dimension graphique. Et un peu plus tôt, fin 2014, est paru également The Art Behind the Tape, un ouvrage écrit par toute une bande de critiques, entrepreneurs et activistes emmenés par Marshall Thomas, un homme connu, sous le nom de DJ Mars, pour avoir accompagné Outkast en tournée.

DJ MARS, BRIL NDIAYE, MAURICE GARLAND, TAI SAINT LOUIS - The Art Behind the Tape

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MAXIME DELCOURT - 2Pac: Me Against the World

, 22:23

La première fois que j'ai visité le cimetière du Père Lachaise, j'ai voulu me rendre sur la tombe de Jim Morrison. Et ce que j'y ai vu m'a horrifié : deux adolescentes, accoutrées dans une tentative de déguisement hippy, y jouaient alors les éplorées. Elles se tenaient devant la stèle de ce pauvre type, refroidi depuis des lustres (avant même qu'elles ne soient nées, sans doute), et elles semblaient aussi émues qu'un cul-béni devant une relique de la Sainte Croix. Cela déclencha chez moi, je crois, une détestation féroce des mythes du rock'n'roll, cette religion profane, et une hostilité stupide envers la musique des Doors, une hostilité à laquelle l'horrible biopic (horrible biopic : pléonasme) d'Oliver Stone n'aura sûrement rien arrangé.

MAXIME DELCOURT - 2Pac - Me Against the World

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