BANDGANG BIGGS - Biggs Campaign

L'émergence de BandGang, en tout cas en leur bonne ville de Detroit (il faudra attendre encore un peu pour qu'ils deviennent visibles au-delà) remonte aux années 2014 et 2015, quand cette bande d'adolescents plus ou moins voisins commence à faire du bruit avec le single "BandGang or NoGang", et qu'elle inonde la scène de projets tels que Grind Season 2, The Family et White Buff Boyz. Parmi cette première salve figure cet album, Biggs Campaign, souvent présenté sous le nom du groupe (ses membres y sont bien sûr présents), mais en fait, comme son titre l'indique, une sortie de TheRealBiggs, alias Tr4620, alias BandGang Biggs, un personnage au centre du groupe puisque Javar et Lonnie Bands sont ses cousins, et Paid Will son meilleur ami.

BANDGANG BIGGS - Biggs Campaign

Cet album, déjà, pointe le nez en-dehors de Detroit. Y figurent le rappeur le plus éminent de la ville à l'époque (Payroll Giovanni), un autre de ses grands noms à venir (Team Eastside Peezy), mais aussi B-Legit, les liens entre cette scène et celle de la Bay Area étant déjà bien établis, ainsi que Rich the Kid et Young Buck. Et quelques-uns de ses morceaux cartonnent tout comme il le faut, comme "Time Is Money", "Nobody", "Rich and Stunting", "How Its Laying" et surtout le prenant "How Can I Help You". Ils imposent le respect, à grand renfort de pianos glaçants, de cloches et de steel drums, de pulsations électroniques et de nappes de synthé angoissantes.

Quelques morceaux s'inspirent d'autres géographies, notamment "In the Kitchen", qui ressemble à la trap music zinzin caractéristique de l'époque, à la mode Migos. Mais comme le montrent dès le début des titres tels que "Slippin'" (qui figurait déjà sur l'album collectif The Family), la recette est encore, pour l'essentiel, celle des Doughboyz Cashout : une version rénovée du rap de Cash Money, plus nerveuse et plus froide. Mais elle est parfois plus rude encore, comme avec les quelques notes de piano du très machiste "Call that Shit". L'envie de luxe, aussi, est parfois éclipsée par un goût pour la violence encore plus marqué, BandGang étant bel et bien, paraît-il, ce que son nom laisse entendre : à la fois un groupe et un gang.

C'est donc en toute logique que Biggs, quelques années après, au moment même où BangGang fera du bruit bien plus loin que Detroit, passera quelques temps en prison, comme en témoignera en 2020 le morceau et l'album "Free Biggs" de Javar. La star du groupe, ce sera alors Lonnie Bands. Mais on ne devrait pas oublier la genèse de toute l'histoire. Tous ces gens feront encore mieux après, mais Biggs Campaign n'en est pas moins une pièce à connaître.

Acheter cet album

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Vous pourriez aussi aimer...

  • COOTIE - Welcome to the Trap COOTIE - Welcome to the Trap
  • Z MONEY - Back 2 the Blender Z MONEY - Back 2 the Blender
  • RAPPIN' 4-TAY - Don't Fight the Feelin' RAPPIN' 4-TAY - Don't Fight the Feelin'
  • KODAK BLACK - Back For Everything KODAK BLACK - Back For Everything
  • GUNPLAY - Off Safety DJ P-CUTTA & GUNPLAY - Off Safety
  • NUTSO THUGN - Apeface NUTSO THUGN - Apeface
  • DEM FRANCHIZE BOYZ - On Top of Our Game DEM FRANCHIZE BOYZ - On Top of Our Game
  • KEY GLOCK - Yellow Tape 2 KEY GLOCK - Yellow Tape 2

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.