T.I. - King

Le roi du Sud. Ou le Jay-Z du Sud, ce qui signifie strictement la même chose. Voici comment T.I. a parfois été désigné (par Pharrell Williams, notamment), passant comme l'autre d'un passé de dealer au statut d'icône rap, faisant preuve de la même flamboyance, de la même assurance, du même carriérisme. Et nul album n'a confirmé ce titre avec autant d'éclat que son quatrième, ce bien nommé King, sorti en même temps qu'ATL, son premier film, dont il a d'ailleurs failli être la BO, et qui fut l'un des immenses succès, public comme critique, de l'année 2006.

T.I. - King

Rempli de morgue, T.I. continue alors à bâtir son empire, ouvrant son album avec un titre orgueilleux et claironnant ("King Back"), se positionnant comme l'enfant prodige de la grande famille du Dirty South ("I'm Talking to You") et couvrant un spectre large, conviant tout autant Common, le héraut du "rap conscient", que les Texans d'UGK pour une relecture de leur "Front, Back and Side to Side". Le disque est fait en majorité d'un rap fier, musclé et étincelant ("You Know Who", "Top Back" et ses trompettes rutilantes, un "Told You So" lorgnant vers le reggae), souvent renforcé par les chœurs guerriers de quelques thugs. Mais il est aussi agrémenté de titres légers et sautillants où le rappeur joue au lover ("Why You Wanna", "Hello") et de passages R&B, comme "Goodlife", et surtout ce "Live in the Sky" qu'il dédie à des proches disparus, et où un piano, avec le chant de Jamie Foxx, tire ostensiblement sur la corde sensible.

Bâti pour le succès, cet album ne contredit toutefois pas l'idée que T.I. serait d'abord un artiste à singles. Sur cette longue galette de 75 minutes qui n'est pas dépourvue de temps morts et qui s'appuie trop souvent sur la seule emphase des synthétiseurs, ce sont ces titres qui surnagent. En tout premier lieu cet irrésistible "What You Know" produit par DJ Toomp, porté par les synthés triomphants de Wonder Arillo, l'un des singles rap les plus marquants des années 2000. Mais aussi, dans une moindre mesure, ce "Ride with Me" où T.I. nous invite à visiter les ghettos d'Atlanta et la face cachée de l'Amérique. Ajoutés à la charmante flûte seventies et aux récits de boys in the 'hood que T.I. partage avec B.G. et Young Jeezy sur "I'm Straight", et le très bon finale "Bankhead", ces titres font de King ce que T.I. espérait sans doute pour lui : le sommet de sa carrière de roi du Sud, sa consécration et son couronnement.

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