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THAVIUS BECK - Decomposition

, 21:30 - Lien permanent

Souvent, quand il est question de prouver la valeur d’Adlib, ses quelques fans citent ce disque. Decomposition serait l’un des meilleurs albums de l’ancien Global Phlowtations, peut-être même le plus abouti. Pourtant, c’est aussi celui où les défauts du beatmaker californien sont les plus manifestes. Sur cette sortie chez Mush, la première qui soit autre chose que confidentielle, celui qui a repris son vrai nom de Thavius Beck abuse. Il y a de la facilité dans cette froideur excessive, dans ces percussions tarabiscotées, dans ces voix trafiquées, dans ces guitares affolées et dans ces nappes "en veux-tu en voilà". Il y a le même excès et la même lourdeur qui ont empêché le très attendu disque de Labwaste sorti peu de temps après de remplir totalement ses promesses. Sur Decomposition, le titre porte l’ambition de l’expérimentation, et Thavius Beck arbore ostensiblement une blouse de laborantin. Mais l’habit ne fait pas le moine, il ne fait pas de lui un génie.

THAVIUS BECK - Decomposition

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Decomposition n’est pas dénué d’intérêt, pourtant. Il impressionne même parfois, comme sur ce "Music Will Be the Death of Us All" et cette litanie où une voix robotique égrène le nom de tous les rockeurs médiatiques de la décennie 80. Certains titres produisent l’effet désiré, comme "What Lurks in the Darkness" avec son piano inquiétant et ses mots allemands en arrière-plan. Et quand surgit un rappeur, par exemple Subtitle et son flow d’androïde sur "June Gloom", ou Longevity sur les guitares folles de "Demons of Destruction", l’emphase et l’outrance de la musique fonctionnent. Mais ailleurs, c’est trop, c’est exagéré, c’est même saoulant ("Some Call It the End", "Exercise Caution", l’interminable "Amongst the Shadows") et à la limite du Grand-Guignol. Tout est cousu de fil blanc, comme ce contraste téléphoné entre des percussions traumatisantes et cette jolie mandoline déjà samplée chez l’ami Epic. On n’y croit tout simplement pas. Le fait que ce disque effraierait les puristes du hip-hop (et encore, il pourrait tout aussi bien être leur caution "expérimentale") n’en fait pas un chef-d’œuvre.

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Commentaires

1. Le dimanche 29 juillet 2007, 12:28 par Christian

Oui, voila. Tu décris parfaitement ce que je ressens en écoutant Thavius Beck.

2. Le dimanche 29 juillet 2007, 13:14 par Fake For Real

J'aime quand même beaucoup certains de ses disques, comme Thru et les International Beats.

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