ROCKETS FROM RUSSIA - An Indie Winter in St-Petersburg

2-99 Records, rappelez-vous, c’est le label au hérisson, celui de Georg Korg, ce Moscovite qui a sorti il y a peu Antology, une étonnante compilation de rap underground à la russe. Pour notre ami, cependant, ce disque n’était pas une première. Quelques mois plus tôt, mais en CD-R uniquement, il avait proposé un autre manifeste d’artistes de son pays, indie rock ceux-là, rassemblés sous le nom de Rockets from Russia, et il l’avait coédité avec un label français bien de chez nous, Dead Bees Records. Ceux qui auraient jeté une oreille sur le disque hip-hop ne seront pas surpris par cet Indie Winter in St-Petersburg. Non pas que les deux disques se ressemblent. Le seul point commun, c’est une touche de rap électronique sur la compilation rock (le "Don't Touch the Microphone" de Broken Sound et le "Tchush" de 2H Company). Cependant le jugement est à peu près le même pour les deux compilations : elles proposent de la musique plutôt bonne, parfois même excellente, mais pas franchement originale.

ROCKETS FROM RUSSIA - An Indie Winter in St-Petersburg

Rocket from Russia, c’est tout un tas de groupes exclusivement russes (à l’exception des Finlandais d’Echo is Your Love), qui chantent soit en anglais, soit dans leur langue maternelle, et qui donnent dans un rock indé très fortement marqué par les années 90. Grunge, post-rock, slowcore, emo, noisy pop, néo-punk mélodique et hardcore légèrement teinté de metal, tous les genres dominants de la décennie précédente défilent sur ce disque et ils s’y taillent la part du lion. Les influences et les parallèles sont faciles à tracer avec des groupes établis. La pop électronique du "Video Monster" de Hot Zex, celle même qui ouvre le disque, se montre assez irrésistible, mais la comparaison avec New Order s’impose. Même air de déjà-vu avec l’intro du "Ritual March of Psychoparasite" d’Attester et du "Nothing Really Exists 2" d’Enola, qui rappellent Sonic Youth. Et celle du "Track 4" de Jumbo Jet a quelque chose de Hüsker Dü.

Pour goûter de véritables curiosités, il faudra découvrir le désespoir hurlé et purement slave de Marschak sur son impressionnant "Ne byt' tchelavekom" (même si cette succession de calme et de tempête pourrait elle aussi évoquer une autre référence rock, Slint). Ou commencer de suite par le milieu du disque pour goûter aux chouettes "Babulya" chantés par Net Papy Bez Remnya sur fond de basse et de batterie (Morphine, cette fois ?), au kazatchok déjanté du "Nazi Punk Fuck Off" d’Ankylym, au funky "Fake Nauka" d’E.N.J.oyAble ou aux divagations électroniques de Goodok et de Gap3 & Technique, assez irritantes il est vrai. Même si quelques artistes formellement peu originaux laissent parfois deviner une forte personnalité, comme Kosmos.com et ce "Menya Net" aux paroles qu’on devine déchirantes, c’est souvent dans les titres les plus singuliers de cette compilation qu’il faudra dénicher les meilleurs moments.

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